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Filippetti hostile au retour de la pub sur les chaines publiques

Aurélie Filippetti, la ministre de la Culture

Aurélie Filippetti, la ministre de la Culture - -

Dans une interview au Parisien Dimanche, la ministre de la Culture affirme son hostilité au retour de la publicité sur le service public. Elle défend également le budget de la Culture alors que Matignon lui réclame des économies.

"S'agissant du retour de la publicité après 20 heures, soyons pragmatiques. Sarkozy a fait perdre 420 miilons d'euros au service public en la supprimant, et on récupérerait seulement 100 à 150 millions si on la rétablissait. Et ce retour soulèverait d'autres questions. Il ne me paraît pas évident".

C'est ainsi que la ministre de la Culture justifie son opposition à un éventuel retour de la publicité sur les chaînes publiques, dans une interview au Parisien/Aujourd'hui en France Dimanche du 7 avril.

Ce retour est cependant examiné actuellement par le gouvernement qui cherche des moyens de financer le service public sans mobiliser de nouveaux crédits budgétaires.

Concernant justement les questions budgétaires qui l'opposaient régulièrement à Jérôme Cahuzac, Aurélie Filippetti affirme que "la Culture doit être considérée comme un secteur aussi stratégique (que la Défense) et que son budget doit être stabilisé". Elle ajoute : "le ministère de la Culture a fait beaucoup d'économies, ce n'est pas un ministère dépensier". Voire.

Réforme des nominations

A propos de la réforme de la nomination des patrons des chaînes publiques, la ministre promet "une première loi sur l'indépendance de l'audiovisuel avant l'été, sans doute en mai". "C'est une priorité qui va avec la moralisation de la vie politique", affirme-t-elle. Expliquant que "Sarkozy s'était scandaleusement auto-attribué ces nominations, ce qui était totalement anormal pour une grande démocratie".

Concernant enfin la réforme de la loi Hadopi, elle juge nécessaire d'"arrêter de se focaliser sur les internautes pour s'attaquer à la contrefaçon commerciale, lutter contre les groupes qui gagnent de l'argent avec le piratage et développer des catalogues d'oeuvres facilement accessibles en téléchargement légal".

Enfonçant le clou, la ministre de la Culture lance: "les consommateurs paient 500 à 600 euros pour un iPhone ou un iPad, enrichissant des grandes entreprises comme Apple qui ne créent que peu d'emplois en Europe. Je suis donc favorable à ce que des groupes comme Apple ou YouTube contribuent à la création, tout comme nous avons obtenu que Google aide les éditeurs de presse".

P.C