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Burberry réveille le luxe en Bourse

La marque britannique Burberry a annoncé de bonnes performances en Chine au troisième trimestre 2013.

La marque britannique Burberry a annoncé de bonnes performances en Chine au troisième trimestre 2013. - -

La marque britannique a fait état ce mercredi 15 janvier de ventes qui se reprennent en Asie. Une bonne nouvelle pour le secteur du luxe qui en profite pour reprendre des couleurs en Bourse.

LVMH, Kering et Hermès font la fête ce mercredi 15 janvier à la Bourse de Paris. Les valeurs françaises du luxe bénéficient de l'appétit des investisseurs rassurés par les bons résultats de Burberry au troisième trimestre 2013, notamment en Asie.

Le créateur de l'indémodable trench revendique un chiffre d'affaires qui frôle les 2 millions de Livres sterling et une hausse de 14% de ses revenus tirés des ventes au détail sur les trois derniers mois de 2013. Sur l'année, ses revenus et ses ventes atteignent leurs niveaux les plus élevés depuis 2009.

Une croissance loin de son niveau de 2010-2011

Les investisseurs se sont surtout enthousiasmés des performances de la marque en Chine, où la croissance des ventes s'établit à deux chiffres. A la suite de cette publication, le titre Burberry bondissait de plus de 5% à Londres, entraînant dans son sillage d'autres grands noms comme LVMH et Kering.

"C'est une bonne nouvelle pour le luxe, qui en avait bien besoin après une année 2013 difficile", a loué Henri Tasso, vendeur action chez Portzampac, dans Intégral Placement. Ces groupes "tellement exposés aux émergents" ont constaté en 2013 que "ce qui a fait leur succès auparavant -leur croissance dans ces pays- a commencé à être vu comme un risque".

"Le secteur sous-performe les indices depuis six mois maintenant", a renchéri Frédéric Rozier, conseiller de gestion chez Meeschaert. La progression des ventes de Burberry "reste loin de la croissance connue en Asie dans les années 2010-2011, supérieure à 20%, mais on repart sur une croissance solide", a considéré le gérant.

La haute-joaillerie plus porteuse que la maroquinerie

Pour autant, Frédéric Rozier déconseille de "projeter cette performance sur l'ensemble du secteur". "Burberry est aujourd'hui massivement asiatique, puisque les trois quarts des concessions de la marque britannique sont situées sur ce continent", a-t-il rappelé.

Plus globalement, le luxe "risque de sous-performer encore quelques mois et de créer de nombreuses déceptions dus à l'ampleur du déstockage qui a cours actuellement en Chine", avertit le conseiller chez Meeschaert.

Même son de cloche chez Saxo Bank. Pour le sales-trader Andréa Tuéni, "le luxe ne devrait pas connaître une année 2014 explosive", même si elle sera "meilleure qu'en 2013". Parmi les valeurs à suivre, le gérant recommande de favoriser "Kering, qui peut avoir un potentiel intéressant à la hausse". Et aussi le groupe Richemont, spécialisé dans la haute joaillerie, "un marché qui paraît aujourd'hui plus porteur que la maroquinerie".

Nina Godart