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Attaque des Champs-Elysées: quel impact sur le tourisme?

L'attaque intervenue sur les Champs Élysées jeudi ne devrait pas entamer le sentiment de sécurité des touristes à Paris.

L'attaque intervenue sur les Champs Élysées jeudi ne devrait pas entamer le sentiment de sécurité des touristes à Paris. - Roman Lashkin - Flickr - CC

L'attaque terroriste sur les Champs-Élysées jeudi soir devrait, comme celles du Louvre et d'Orly, n'avoir qu'un impact limité sur le tourisme, selon les fédérations du secteur.

L'attaque perpétrée jeudi soir sur les Champs-Élysées, lieu hautement touristique de la capitale, risque-t-elle de faire à nouveau peur aux visiteurs étrangers? A priori non pour les fédérations du secteur qui indiquent néanmoins qu'il est un peu tôt pour se prononcer.

Celle des offices du Tourisme de l'Hexagone prend l'exemple de deux attentats récemment commis en région parisienne: l'attaque d'un militaire au Carrousel du Louvre, et celle d'une soldate à l'aéroport d'Orly. Des événements comparables à celui de jeudi soir puisque, dans les deux cas, l'attaque est survenue dans un lieu symbolique du tourisme à Paris. Et à chaque fois, un seul individu s'en est pris à des représentants des forces de l'ordre.

Or ces deux attentats, sur lesquels on a plus de recul puisqu'ils ont eu lieu il y a trois et un mois, n'ont eu aucun impact sur la venue de touristes étrangers, souligne le porte-parole de la Fédération. L'embellie entamée fin 2016 se poursuit au contraire. La fréquentation touristique des internationaux a augmenté de près de 7% en février par rapport à janvier, et encore de plus de 3% en mars par rapport au mois précédent.

L'attentat de jeudi soir se distingue toutefois par son bilan tragique (un policier tué et deux blessés), par "les images de l'attaque qui circulent, la symbolique du lieu", nuance le porte-parole des Offices du tourisme. Il se montre donc inquiet et prudent, mais estime que des annulations de réservations hôtelières telles qu'on en a connu après les attentats de janvier et novembre 2015, en masse et immédiatement après les faits, sont peu probables.

D'ailleurs aucun hôtelier n'avait encore déploré d'annulation de séjour vendredi, rapporte l'Union des métiers et des Industries de l'Hôtellerie. "Le tourisme est dans un équilibre fragile depuis 2015, malgré sa reprise au 1er trimestre 2017", reconnaît-on chez l'Umih. Mais le syndicat a le sentiment que les attentats ne freinent plus les étrangers dans leur désir de visiter la France. Mieux: "les touristes internationaux se sentent à nouveau en sécurité à Paris", avance Roland Héguy, le président du syndicat.

Cette sérénité retrouvée, l'Umih l'attribue aux "importants dispositifs de sécurité" mis en place depuis 2015. "Des soldats, des gendarmes ou des policiers protègent désormais les entrées des grands hôtels de la capitale, les touristes sont rassurés par cette présence visible", affirme la porte-parole de l'Umih. En outre, la France "n'est malheureusement pas la seule démocratie touchée par le terrorisme, donc les touristes internationaux ont intégré le risque, quelle que soit la destination qu'ils choisissent".

De plus, depuis six mois, l'Umih dispense aux restaurateurs, hôteliers, cafetiers, et à leurs personnels des formations poussées à la sécurité. Ils y apprennent notamment à repérer les individus ou véhicules suspects, et à adopter des postures dissuasives. À en croire un responsable de l'Umih, le commerçant qui a joué un rôle déterminant dans l'échec de la tentative d'attentat à Notre Dame de Paris avait suivi cette formation.

Nina Godart