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Amber veut évincer Guillaume Pepy du conseil de surveillance de Lagardère

Guillaume Pépy, ex-patron de la SNCF, en février 2019

Guillaume Pépy, ex-patron de la SNCF, en février 2019 - ERIC PIERMONT, AFP/Archives

Le fonds activiste réclame la convocation d'une assemblée générale et souhaite remplacer trois membres du conseil de surveillance, dont l'ex-patron de la SNCF.

Le fonds activiste Amber Capital a demandé formellement au groupe Lagardère, dont il est le deuxième actionnaire, la convocation d'une assemblée générale et souhaite remplacer trois membres du conseil de surveillance, dont l'ex-patron de la SNCF Guillaume Pepy, selon une lettre consultée jeudi par l'AFP.

Le fonds, allié depuis quelques jours avec le géant des médias Vivendi, désormais premier actionnaire chez Lagardère, demande la publication d'un avis de réunion dans les 15 jours ouvrés, puis l'organisation d'une assemblée générale dans les 50 jours suivants (fin octobre). Il menace s'il n'obtient pas satisfaction de demander celle-ci en justice.

Selon son projet de résolution, il souhaite voir partir du conseil de surveillance son président Patrick Valroff, le PDG de l'éditeur de jeux vidéos Ubisoft Yves Guillemot, mais surtout l'ex-patron de la SNCF Guillaume Pepy, coopté en début d'année aux côtés de Nicolas Sarkozy et soutenu par Amber lors de l'assemblée générale du groupe le 5 mai.

Suite logique d'un bras de fer

Guillaume Pepy "s'était engagé auprès des actionnaires à apporter une nouvelle gouvernance au groupe Lagardère. Mais en votant le renouvellement du mandat d'Arnaud Lagardère sans même évaluer son bilan, il a trahi la confiance des actionnaires", a déclaré jeudi au Figaro Olivier Fortesa, associé chez Amber et candidat au conseil de surveillance, avec le fondateur du fonds Joseph Oughourlian.

Cette annonce est la suite logique du pacte d'actionnaires conclu entre Vivendi (23,5% du capital) et Amber (20%), alliés de circonstance pour demander une représentation au conseil de surveillance (3 sièges sur 9 pour Amber et 1 pour Vivendi).

Simples actionnaires d'une société au statut atypique de commandite par actions (SCA), Amber et Vivendi n'ont pas la voix au chapitre concernant la gouvernance de l'entreprise, contrôlée par l'associé-commandité Arnaud Lagardère avec seulement 7% des parts.

Ils se sont engagés à voter "en faveur des résolutions nécessaires à la mise en œuvre" des nouvelles nominations, selon leurs engagements signifiés auprès de l'Autorité des marchés financiers.

Pression sur la gouvernance

En prenant pied au conseil de surveillance, ils obtiendront une place indispensable pour faire pression sur la gouvernance de l'entreprise.

Anticipant cette demande, Arnaud Lagardère a contre-attaqué lundi, en convoquant un conseil de surveillance qui a renouvelé pour 4 ans son mandat de gérant. Celui-ci devait expirer en mars 2021.

L'une des membres du conseil de surveillance avait alors démissionné après avoir fait part de réserves sur l'absence d'éléments précis justifiant la prolongation du mandat d'Arnaud Lagardère.

L'héritier de Jean-Luc Lagardère s'est par ailleurs associé au milliardaire Bernard Arnault, PDG de LVMH, venu renflouer ses finances personnelles en échange de 27% de la holding familiale et qui prendra désormais part aux décisions stratégiques du groupe.

T.L avec AFP