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"Créer mon entreprise, j'en avais envie depuis toute petite"

Stéphanie Delestre assure qu'être entrepreneur c'est "en prendre plein la gueule tous les jours".

Stéphanie Delestre assure qu'être entrepreneur c'est "en prendre plein la gueule tous les jours". - Capture BFMBusiness

Elle a créé son entreprise à 40 ans. Stéphanie Delestre dirige Qapa, un site internet de recherche d'emploi. Elle a accepté de revenir sur son parcours pour BFMBusiness, et explique notamment qu'elle a passé la première partie de sa carrière professionnelle à se former en vue de monter sa boîte.

Stéphanie Delestre "avait toujours eu envie" de monter son entreprise. Après une première vie professionnelle passée à se "former", elle a créé en 2010 Qapa, un site de recherche d'emploi qui revendique 200.000 nouveaux inscrits chaque mois. Aujourd'hui âgée de 43 ans, elle a accepté de revenir sur son parcours pour BFMBusiness.com.

Son parcours: "J'ai passé les 20 premières années de ma carrière à me former"

"J'ai un parcours atypique. J'ai commencé à travailler à 16 ans. Pour monter une entreprise, il faut énormément de compétences, c'est très dangereux. Je voulais le faire depuis toute petite, mais j'ai passé les vingt premières années de ma carrière professionnelle à me former.

J'ai notamment travaillé dans le domaine de la finance, où j'ai fini par manager 150 personnes, j'ai également travaillé dans le marketing, j'ai dirigé les sites d'Eurosport... Puis, à Hambourg, j'ai dirigé une petite start-up devenue numéro 1 en Europe. C'est là que j'ai rencontré des fonds d'investissements, qui m'ont dit qu'était venu pour moi le moment de monter mon entreprise. Mon parcours s'est donc construit dans le temps."

Etre chef d'entreprise: "S'en prendre 'plein la gueule' tous les jours"

"Quand on monte sa boîte à 40 ans, échouer est plus dur qu'à 20 ans. Parce que quand on a 40 ans, on a des obligations financières, des obligations familiales. On ne rebondit pas facilement en cas d'échec.

Etre entrepreneur, c'est être courageux, car on s'en prend plein la gueule tous les jours. L'avantage avec Qapa, c'est que nous sommes quatre cofondateurs. Ainsi, nous ne sommes pas seuls, si on tombe malade, que l'on a un coup de blues ou de désespoir, on peut s'entraider. En plus, on peut prendre des décisions à quatre, les discuter, ce qui est confortable."

Sa façon de diriger: "En cas de désaccord, c'est moi qui assume les décisions"

"Pour que cela fonctionne, nous avons tous les quatre décidé de règles de vie. Nous avons une vision et une ambition commune. Mais en cas de désaccord, c'est moi, en tant que PDG, qui décidera et qui assumera les choix. Dans notre équipe, il y a un autre élément important: la notion d'implication. Nous travaillons tous à la même intensité. Il n'est pas question qu'un en fasse plus que les autres.

La place des femmes sur le marché du travail: "Les choses vont dans le bon sens"

"Pour les femmes c'est extrêmement compliqué. La société, l'éducation, nous apprennent à être moins sures de nous. Par ailleurs, beaucoup de carrières de jeunes femmes s'arrêtent à 30 ans, après la naissance de leur premier enfant. Dans une entreprise, quand une femme se bat, on dit d'elle qu'elle est hystérique. Quand c'est un homme, on dit qu'il prend les choses en main...

Cela arrange les hommes qu'il y ait moins de femmes à des postes de direction. Mais les choses vont dans le bon sens. Les jeunes femmes doivent savoir que l'on a besoin d'elle dans les métiers d'ingénieurs, dans l'informatique. Les femmes représentent une chance, car on a besoin de tous les talents."

Maxence Kagni