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Coût du travail: le Medef obtient une concertation à défaut d'une baisse

Pierre Moscovici et Pierre Gattaz, lors de l'université du Medef, jeudi 29 août.

Pierre Moscovici et Pierre Gattaz, lors de l'université du Medef, jeudi 29 août. - -

A la sortie d'une réunion avec Pierre Moscovici, lundi 2 septembre à Bercy, Pierre Gattaz, le président du Medef, a annoncé qu'une concertation allait être engagée avant la fin du mois.

Pierre Gattaz répète à qui veut l'entendre que la baisse du coût du travail est son "obsession". A défaut de concret, le président du Medef aura au moins obtenu la possibilité de négocier avec l'Etat, lors d'un rendez-vous de plus d'une heure et demie avec le ministre de l'Economie, Pierre Moscovici, et celui délégué au Budget, Bernard Cazeneuve.

Selon Pierre Gattaz, il a été convenu que les deux parties se revoient "avant fin septembre" pour le coût du travail et "dans les deux prochains mois" pour la fiscalité.

Il a rappelé que l'objectif de l'organisation patronale était d'obtenir dans les cinq ans "50 milliards d'euros de baisse du coût du travail et 50 milliards de baisse de la fiscalité sur les entreprises."

Les déclarations de Touraine inquiètent

Pierre Gattaz semble avoir apprécié son entrevue avec le ministre de l'Economie et des Finances, qu'il a jugé "très lucide" sur la situation des entreprises. "Plus on vous donnera la possibilité d'être compétitif, plus vous générerez de la croissance", a-t-il déclaré à la délégation patronale, selon lui.

Mais le patron des patrons a tout de même fait part de son inquiétude après l'intervention de Marisol Touraine, la veille sur BFMTV. La ministre des affaires sociales a en effet laissé entendre que la hausse des charges patronales due à la création du compte pénibilité serait compensée à minima. 

De son côté, la CFDT a d'ores et déjà mis la pression sur le gouvernement. Le syndicat plaide pour que l'augmentation des cotisations des salariés soit payée par les employeurs, et qu'un transfert équivalent des cotisations famille vers la contribution sociale généralisée (CSG) annule le coût global pour les entreprises.

Fiscalité: le Medef veut un calendrier précis

Dernier point évoqué: la fiscalité."Nous avons toujours des certitudes de hausse face à des engagements de baisse", a affirmé Pierre Gattaz en référence au projet de budget 2014, qui prévoit de compenser au moins 4,5 milliards de mesures fiscales décidées en 2013 et qui se sont éteintes depuis.

Il a également réclamé "un calendrier, une méthode, un plan d'action pour regarder comment (elle) peut évoluer dans le sens d'une baisse, d'une meilleure visibilité et d'une standardisation, il faut qu'elle soit plus prévisible".

Invité jeudi 29 août à l'université d'été du Medef, Pierre Moscovici avait annoncé que "les prélèvements obligatoires qui pèsent sur les entreprises (allaient) baisser". Précisant tout de même que, dans un premier temps, ils "n'augmente(raient) pas dès le projet de loi de finances (PLF) 2014".

Y. D.