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Coronavirus: Uber licencie 3500 personnes par visioconférence

Lors d'une visioconférence d'une durée de trois minutes, le leader de la réservation de voitures avec chauffeurs a annoncé mettre fin aux activités de 3500 collaborateurs exerçant des tâches administratives.

La crise sanitaire fragilise de nombreuses entreprises, et le géant Uber n'est pas épargné. Face à la baisse de son activité, le leader de la réservation de voitures avec chauffeurs a décidé de supprimer 3500 emplois, soit 14% de ses effectifs. Les salariés concernés ont appris leur licenciement au cours d’une visioconférence de trois minutes sur Zoom, selon une information du Daily Mail confirmée au New York Post par des sources proches de l'entreprise

"Avec le volume de trajets en baisse, la réalité difficile et malheureuse, c’est qu’il n’y a pas assez de travail pour de nombreux salariés du service clients", explique Ruffin Cheveleau, responsable de ce service chez Uber, aux employés en télétravail présents devant leur écran lors de la visioconférence. Et d’ajouter: "Aujourd’hui sera votre dernier jour de travail pour Uber". 

"Nous nous devions de vous prévenir le plus vite possible"

La voix crispée, Ruffin Cheveleau dit avoir conscience que cela est "incroyablement difficile à entendre".

"Personne ne veut être associé à un appel vidéo comme celui-ci. Mais avec tout le monde à distance et pour un changement de cette ampleur, nous nous devions de vous prévenir le plus vite possible, afin que vous ne l’appreniez pas par des sources extérieures. Je voulais par ailleurs vous donner cette nouvelle en personne afin d’avoir un bref moment pour vous remercier tous de ce que vous avez fait pour Uber", déclare la responsable dans la vidéo. 

Selon une information du New York Post relayée par Sud Ouest, la direction d’Uber s’est justifiée en indiquant avoir choisi ce mode de communication car les bureaux de l’entreprise étaient fermés et que l'ensemble des salariés concernés travaillaient depuis chez eux. 

2,9 milliards de dollars de pertes

Uber a été "durement frappé par la pandémie", a reconnu mardi le PDG de l’entreprise, Dara Khosrowhahi. Ses derniers résultats trimestriels présentés la semaine dernière faisaient état d’une perte de 2,9 milliards de dollars depuis le début de l’année. En revanche le service Uber Eats, lui, a bien profité des mesures de distanciation sociale. De janvier à mars, il a réalisé un chiffre d'affaires en hausse de 53% à 819 millions. Une portion qui demeure toutefois encore maigre au regard des 3,5 milliards de recettes accumulées en tout.

Uber n’est pas la première entreprise a utilisé la visioconférence pour annoncer des suppressions d’emploi massives depuis le début de la crise sanitaire. Fin mars, le PDG de la start-up américaine TripActions, une start-up basée à Palo Alto, a mis fin aux activités d’une centaine de ses collaborateurs lors d’une visioconférence qui s’est également tenue sur Zoom. 

Paul Louis