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Une banque sur trois risque de disparaître en cas de crise économique

La crise économique pourrait faire de sérieux dégâts dans le secteur bancaire, affirme un étude réalisée par le cabinet de conseil McKinsey. Sur le millier de groupes bancaires dans le monde, près d'un tiers pourrait disparaître en cas de retournement de cycle.

Se dirige-t-on vers des faillites à la chaîne dans le secteur bancaire? Selon une étude du cabinet de conseil McKinsey, dévoilée dans Les Echos, 354 établissements bancaires sur les 1000 banques étudiées dans le monde, pourraient disparaître, si le contexte économique devait se dégrader et devenir très compliqué.

La rentabilité est en cause puisque ces banques fragiles dégagent une rentabilité moyenne d'à peine 1,6 % (rentabilité sur fonds propres tangibles ou ROTE). Pire, 80% du millier de banques étudié affichent une rentabilité des fonds propres inférieure au coût moyen de ces mêmes fonds propres. En clair, elles ne créent plus de valeur. Alors que l'activité économique mondiale ralentit, un retournement de cycle pourrait être fatale pour ces banques, indique l'étude. Alors que les grandes banques américaines sont assises sur des montagnes de cash, l'étude de McKinsey précise que les établissements les plus menacés se situent principalement en Europe de l'Ouest et dans les pays d'Asie les plus matures.

Des établissements déjà fragiles

La fragilité des banques n'est pas nouvelle, surtout en Europe. En Allemagne, les deux principaux établissements du pays, Deutsche Bank et Commerzbank, traversent une période critique. La première, en difficulté depuis la crise financière, a annoncé un vaste plan de restructuration pour sauver sa peau. Un temps, il a même été question d'une fusion avec sa rivale Commerzbank, qui partage les mêmes vicissitudes. Au sud, ce sont les banques italiennes qui peinent à se débarrasser de leurs créances douteuses.

A ces situations s'ajoute la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) très accommodante. Trop accommodante même puisque les taux bas commencent à clairement faire souffrir certains groupes bancaires avec des revenus à la baisse. Certaines banques commencent même à taxer les gros dépôts.

Résultat, les vastes plans de restructuration se multiplient. Près de 14.000 emplois devraient être supprimés chez HSBC, après les 18.000 suppressions annoncées chez Deutsche Bank. Selon un décompte datant de fin septembre, soit avant les dernières annonces de HSBC, les banques européennes avaient déjà annoncé plus de 44.000 suppressions de postes depuis le début de l'année. Par ailleurs, selon Les Echos, 600.000 emplois bancaires ont été supprimés dans l'Union européenne entre 2008 et 2018.

La France épargnée?

"Il est clair que la banque en général dans le monde et la banque européenne en particulier aujourd'hui est en phase de changement de comportement des consommateurs d'une part, et aussi de changement de la technologie" expliquait, au début du mois sur BFM Business, Jean-Pierre Mustier, directeur général d'Unicredit. "Donc il faut se transformer. Et ces transformations vont amener des suppressions d'emplois."

En France, pas encore de grandes manœuvres même si Société Générale a programmé la suppression de 3.450 postes, pour la période 2016-2020. "Nous avons la capacité de gérer ces transformations profondes dans le temps et d'une manière socialement responsable" assurait son directeur général, Frédéric Oudea, le 3 octobre dernier, sur BFM Business.

Thomas Leroy