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Pourquoi la tension monte au sein de BPCE

La transformation du réseau BPCE, avec à la clé 5% d'agences en moins, inquiète fortement les syndicats.

Le futur plan stratégique 2018-2020 du groupe BPCE a du mal à passer. Il ne sera officiellement dévoilé que fin 2017, mais certaines mesures ont d'ores et déjà été présentées à la presse comme aux syndicats. Ainsi le groupe, qui chapeaute notamment les réseaux Banque Populaire et Caisse d'Épargne, entend économiser un milliard d'euros dans cette activité d'ici 2020 en réduisant, par exemple, son réseau d'agences d'au moins 5%. Soit "un peu plus de 400 points de vente en moins" selon le président du directoire, François Pérol.

BPCE va donc tailler dans ses dépenses, mais aussi dans ses effectifs. François Pérol s'attend à 11.000 départs, à la retraite ou liés à la rotation naturelle des effectifs, dans les années à venir. 11 000 départs dont un tiers ne seront pas remplacés, ce qui représente 3.600 suppressions de postes. Ce qui inquiète fortement les organisations syndicales. Les plus contestataires sont déjà à l'offensive. Alors que Sud dénonce le silence des pouvoirs publics, Force ouvrière considère que les départs en retraite et le turn-over naturel ne suffiront pas à atteindre les objectifs visés.

De possibles licenciements 

L'organisation syndicale n'exclue pas qu'il y ait des licenciements. Quant aux organisations les moins contestataires, c'est avec la plus grande vigilance qu'elles promettent de regarder ces fermetures d'agences. La CFDT estime qu'elles peuvent être acceptables à condition qu'il s'agisse de regroupements d'enseignes, sans suppressions de postes.

De son côté, le Syndicat national de la banque admet que cette situation est un mouvement inéluctable mais réclame en contre-partie un "plan Marshall" de la formation pour le secteur bancaire. La période qui s'annonce "va être très compliquée à gérer" résume un responsable syndical. D'autant que ces réductions d'effectifs vont mettre encore un peu plus la pression sur les salariés des agences, déjà sous tension.

Caroline Morisseau édité par A.M.