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Comment BPCE veut économiser 1 milliard d’euros en trois ans

Pour faire face "à l’essor du numérique et à la pression des revenus", Groupe BPCE doit économiser 1 milliard d'euros d’ici 2020.

Pour faire face "à l’essor du numérique et à la pression des revenus", Groupe BPCE doit économiser 1 milliard d'euros d’ici 2020. - Eric Piermont - AFP

Le groupe bancaire a dévoilé un plan d’économies d’ampleur. Il compte d’ici 2020 économiser 1 milliard d’euros, fermer 390 agences et ne remplacera que deux départs sur trois. En parallèle, Groupe BPCE lance une offensive dans le numérique.

Groupe BPCE, qui regroupe notamment les réseaux Banque Populaire et Caisse d'Épargne, a annoncé mardi un plan d’économies d’ampleur pour les trois prochaines années en réduisant ses coûts d'un milliard d'euros d'ici 2020.

Pour faire face "à l’essor du numérique et à la pression des revenus", 5% des agences seront fermées d’ici 2020. Le groupe en dispose actuellement de 3.300 pour Banque Populaire et 4.200 pour la Caisse d’Épargne. Ainsi, environ 400 agences sont concernées par cette mesure. Le président du groupe BPCE François Pérol a aussi annoncé que sur les 11.000 départs prévus d’ici 2020, seulement 2 sur 3 seront remplacés, soit une baisse des effectifs de plus de 3.500 salariés.

Le groupe compte aussi tailler dans ses dépenses à hauteur de 750 millions d'euros, grâce à la rationalisation de son organisation et de ses achats. Cela passera par une réduction de ses caisses régionales, qui passeront au maximum à douze pour Banque Populaire (contre quinze actuellement) et à quatorze pour Caisse d'Épargne (contre 17 aujourd'hui), afin de mieux coller à la nouvelle carte des régions en France.

Au niveau de la banque d'affaires Natixis cotée en Bourse, les économies attendues, déjà annoncées lors de la présentation des derniers résultats annuels début février, atteindront 250 millions d'euros au même horizon. En parallèle, le groupe s'attend à dépenser 790 millions d'euros pour réaliser ces adaptations, dont 220 millions au seul niveau de Natixis.

Lancement d'une banque collaborative dès 2017

"Le numérique modifie le comportement des clients et ses standards s’imposent à nous", a indiqué François Pérol, qui juge nécessaire d’accélérer la transformation numérique du groupe. Cette mission a été confiée à Yves Tyrode, qui depuis le mois de septembre a pris les rênes des activités digitales. C’est cet ancien des télécoms qui a piloté la stratégie numérique de la SNCF ces dernières années avec, entre autres, la création du site Voyages-SNCF.com.

Yves Tyrode a pris la tête d’une "factory". Cette unité dispose d’un budget de 750 millions d’euros et comptera à terme un millier de collaborateurs spécialisés dans l’ensemble des activités numériques. Le patron du "digital" a dévoilé les premières mesures qui seront mises en place dans les six prochains mois. D’abord l’adoption du paiement avec les smartphones sous Android en plus de celui déjà possible avec Apple Pay. 

Il a ensuite annoncé le lancement cette année en France de la banque numérique Fidor, une fintech allemande acquise par BPCE en 2016. Créée en 2009 par celui qui est aujourd'hui son directeur général, Matthias Kröner, Fidor est une banque collaborative qui compte déjà une communauté de plusieurs centaines de milliers de membres. Pour François Pérol, c’est sur ce modèle et avec de "nouveaux clients" que la progression est possible. 

Pascal Samama avec AFP