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Manipulation des changes: une affaire plus grave que le Libor?

Une enquête internationale a été ouverte en 2013 sur une manipulation présumée des cours des monnaies.

Une enquête internationale a été ouverte en 2013 sur une manipulation présumée des cours des monnaies. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Le gouverneur de la Banque d'Angleterre a affirmé, ce 11 mars, que ce scandale pourrait dépasser celui du Libor en gravité. Au moins un employé est mis en cause dans l'enquête sur une manipulation présumée du cours des monnaies.

L'affaire de manipulation présumée des cours des monnaies n'en finit pas de secouer le monde bancaire. Elle pourrait être "aussi grave que le Libor, si ce n'est plus", a d'ailleurs estimé ce mardi 11 mars le gouverneur de la Banque d'Angleterre, Mark Carney.

Le patron de la BoE répondait aux questions de la commission du Trésor du Parlement britannique, alors que l'institution a annoncé la semaine dernière la suspension d'un employé potentiellement impliqué dans cette affaire.

L'argentier britannique, de nationalité canadienne, a réaffirmé que la banque centrale n'avait "aucune information" permettant d'établir qu'elle avait fermé les yeux sur de telles manipulations.

Selon plusieurs médias, des responsables de la BoE avaient appris en avril 2012 que des cambistes avaient pour habitude d'échanger des informations sur les ordres de leurs clients avant la fixation de taux de référence et leur auraient assuré que ces pratiques n'enfreignaient aucune réglementation.

BNP Paribas et Société générale inquiétées

Une enquête a été ouverte au printemps 2013 par les autorités britanniques sur la manipulation supposée du marché des changes. Enquête ensuite étendue à d'autres pays dont la Suisse et les Etats-Unis.

Les enquêteurs soupçonnent une entente illicite entre courtiers, qui auraient utilisé des forums de discussion sur internet et des messageries instantanées pour influencer le taux de référence quotidien.

Cette enquête a déjà conduit plusieurs grandes banques à suspendre des cambistes. Les françaises BNP Paribas et Société générale, mais aussi Deutsche Bank, Citigroup, Goldman Sachs, JPMorgan, RBS, Barclays, UBS ou encore Crédit Suisse et Bank of America sont dans la ligne de mire des enquêteurs.

N.G. avec agences