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Le durcissement du discours de la BCE face à l'euro fort fait l'unanimité

Wolfgang Schäuble a approuvé les propos de Mario Draghi.

Wolfgang Schäuble a approuvé les propos de Mario Draghi. - -

Wolfgang Schaüble, le ministre allemand des Finances, a indiqué ce lundi 14 avril, partager l'avis de Mario Draghi sur les risques liés à l'appréciation de la monnaie unique. Michel Sapin a fait de même, sur Europe 1, déclarant qu'il "a parlé exactement dans les mêmes termes que Manuel Valls".

Manuel Valls et Arnaud Montebourg ne s'attendaient peut-être pas à voir autant de personnes rallier leur cause contre l'euro fort. Samedi 12 avril, le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi lui-même, a, chose inhabituelle, exprimé ses inquiétudes quant au niveau de la monnaie unique européenne.

"Si nous voulons que la politique monétaire reste aussi accommodante qu'elle l'est aujourd'hui, une poursuite de l'appréciation du taux de change [de l'euro] pourrait nécessiter une action monétaire", prévenait-t-il.

Ce lundi 14 avril, le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, lui a fait écho. "Bien sûr le taux de change [de l'euro] est élevé et s'il continuait à s'apprécier, cela impacterait négativement le développement économique en Europe, qui s'est amélioré mais doit encore s'améliorer", a-t-il déclaré. Avant d'ajouter: "si les biens européens deviennent trop chers et les importations trop bon marché, alors cela ne sera pas une bonne chose".

Une Allemagne qui fait fi de ses sensibilités

L'appui du ministre des Finances allemand a un certain poids dans la mesure où, contrairement à d'autre pays comme la France, l'Allemagne ne souffre pas réellement de l'euro fort. En 2013, sa balance commerciale est restée excédentaire, de près de 200 milliards d'euros.

Dans une note datée du 4 mars dernier, les économistes de Natixis, expliquaient que "l’Allemagne a une production industrielle haute en gamme (…), ce qui implique que l’appréciation de l’euro réduit très peu (pas du tout ?) les exportations en volume de l’Allemagne". A l'inverse, une baisse de l'euro accroît les importations de matières premières importée par l'Allemagne et "est donc défavorable à l'industrie allemande". Les économistes de Natixis en déduisaient que l'euro fort profitait à l'Allemagne. Une étude de la Deutsche Bank, citée par Le Monde, montrait, elle, que le "seuil de douleur" pour l'Allemagne était d'un euro pour 1,79 dollar contre 1,24 dollar pour la France.

Outre Wolfgang Schäuble, plusieurs personnalités ont fait savoir qu'elles partageaient les vues de Mario Draghi sur l'euro fort. Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France a concédé que l'évolution de l'euro compliquait la ré-accélération de la croissance. Ce lundi, sur Europe 1, le ministre des Finances et des Comptes publics, Michel Sapin, s'est félicité que "Mario Draghi a parlé exactement dans les mêmes termes que Manuel Valls".

Le programme de rachats d'actifs de la BCE

Dimanche 13 mars, Benoît Coeuré, le membre français du directoire de la BCE, a réaffirmé que l'institution européenne était prête à muscler son action. Il a ainsi donné des indices sur un éventuel assouplissement quantitatif, c’est-à-dire des rachats de titres sur les marchés, si l'inflation venait à fléchir un peu plus.

"Ce ne serait pas une question de quantité mais de prix", a-t-il affirmé ajoutant que "en pratique, ces rachats seraient naturellement liés aux maturités des taux d'intérêts qui sont les plus importants pour l'investissement des entreprises et la consommation des ménages", a-t-il dit.

Il faudra également tenir compte "de la segmentation" financière de l'Europe a-t-il indiqué. Ce qui signifie, selon lui, que la BCE ne pourra se contenter d'acheter un seul type de titre financier, comme de la dette d'Etat.

Le titre de l'encadré ici

|||L'euro recule

Sous l'effet du discours offensif de Mario Draghi, et des indications laissées par Benoît Coeuré, le membre français de la Banque centrale européenne, la monnaie unique s'inscrivait en baisse, ce lundi 14 avril, à 1,3849 dollar contre 1,3889 dollar vendredi soir.

Julien Marion