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L'affaire Kerviel continue d'embarrasser Société Générale

Société Générale va encore voir son rôle dans l'affaire de la perte de trading massive de 2008 étudié sous toutes les coutures.

Société Générale va encore voir son rôle dans l'affaire de la perte de trading massive de 2008 étudié sous toutes les coutures. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

La Cour de Cassation a maintenu la condamnation de Jérôme Kerviel à trois ans de prison ferme mais cassé celle sur les 4,9 milliards de dommages et intérêts, ce 19 mars. Un nouveau procès au civil va donc se tenir.

Société Générale espérait tourner une bonne fois pour toute la page de l'affaire Kerviel. C'est raté. La Cour de Cassation a cassé le jugement condamnant l'ex-trader Jérôme Kerviel à verser près de 5 milliards d'euros de dommages et intérêts à son ancien employeur.

Bien qu'elle ait maintenu sa condamnation à trois ans de prison ferme, ce 19 mars, un nouveau procès devra se tenir sur les dommages et intérêts à la cour d'appel de Versailles. La banque va donc devoir s'y préparer, et assister à des débats au cours desquels son image risque d'être encore entachée par le rappel de ses manquements en termes de contrôle.

C'est bien sur ces carences que s'est basée la décision des juges de la Cour suprême. La Cour de cassation a estimé qu'il y avait eu tellement de défaillances du côté de Société générale que son ex-trader ne pouvait pas porter, à lui seul, la totalité du préjudice.

Des carences de contrôle... mais pas que?

La défense de l'ex-trader compte donc sur ce nouveau procès pour brocarder l'établissement. Elle entend faire prendre à la banque ses responsabilités dans cette affaire de pertes de trading massives, intervenues en 2008. L'un des avocats de l'ancien courtier, Maître Patrick Spinosi, a ainsi déclaré ce mercredi devant le Palais de justice de Paris que "ce ne sera plus le procès de Jérôme Kerviel, mais celui de Société Générale".

D'autant que la banque pourrait avoir plus que des manquements en termes de surveillance à se reprocher. C'est en tout cas que laisse régulièrement entendre l'autre conseil de Kerviel, Maître David Koubi. "Nous avons des éléments [contre la banque], et nous les ferons valoir lors du prochain procès", a-t-il encore affirmé ce mercredi, ajoutant qu'il comptait réclamer "une expertise sur une éventuelle perte de Société Générale".

"Cette affaire est une mascarade dès le départ", a-t-il martelé. "Société Générale affirme depuis six ans avoir perdu six milliards d'euros dans cette affaire, quelqu'un les a gagné. Espérons pour elle que ce ne soit pas la banque elle-même qui les aurait gagné d'une manière ou d'une autre".

Nina Godart