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Jean-Paul Chifflet (Crédit Agricole): "Arnaud Montebourg est un homme d'action "

Jean-Paul Chifflet a également affirmé que toutes les options étaient possibles pour sa succession.

Jean-Paul Chifflet a également affirmé que toutes les options étaient possibles pour sa succession. - -

Le directeur général de Crédit Agricole était l'invité de BFM Business ce mercredi 21 mai. Il est notamment revenu sur les reproches de la Commission européenne faits à sa banque sur le Libor.

La saison des assemblées générales continue de battre son plein. Ce mercredi 21 juin, c'était au tour de Crédit Agricole. Invité ce même jour de BFM Business, son directeur général Jean-Paul Chifflet a évoqué plusieurs sujets concernant son établissement.

> Le Libor et l'Iran

Jean-Paul Chifflet est tout d'abord revenu sur le dossier du Libor. Mardi 20 mai, la Commission européenne a communiqué ses griefs au Crédit Agricole, soupçonnant la banque verte d'entente illégale sur les taux d'intérêts en euros. "Pour l'instant nous n'avons pas de suite à donner à ce dossier. Nous venons de le recevoir, nous nous y mettons", a affirmé Jean-Paul Chifflet ajoutant que ces griefs "sont basés sur des impressions" elles-mêmes "fondés sur des échanges téléphoniques ou des mails". Il a indiqué avoir demandé "délicatement et adroitement" un soutien du gouvernement dans ce dossier.

Il a ensuite évoqué les difficultés de BNP Paribas aux Etats-Unis. Cette dernière pourrait faire face à une amende colossale de plus de 5 milliards de dollars s'il était avéré qu'elle ait effectivement contourné un embargo sur certains pays. Crédit Agricole peut-il lui aussi être concerné par ce dossier? Interrogé, Jean-Paul Chifflet n'a pas donné de réponse claire, affirmant simplement que "nous avons mené en interne une revue des paiements en dollars depuis de nombreuses années. Nous n'avons pas d'idée sur l'issue qui sera donnée" à cette opération.

> Arnaud Montebourg "l'homme d'action"

Jean-Paul Chifflet a également dit quelques mots sur Arnaud Montebourg et Michel Sapin, les deux ministres dont dépend désormais le secteur bancaire. Il a ainsi considéré que "sur la partie financière et risques c'est monsieur Sapin et sur la partie financement des entreprises c'est monsieur Montebourg".

"Quelquefois les positions, y compris sur les rémunérations, sont un peu différentes", a-t-il ajouté. Il a plus particulièrement qualifié Arnaud Montebourg "d'homme d'action, qui intervient sur les dossiers".

> Toutes les options ouvertes pour sa succession

Evoquant brièvement sa succession, Jean-Paul Chifflet a affirmé qu'il était "ici encore pour un an, je suis sportif, je sais que le match se joue jusqu'à la dernière minute". Pour la suite, "tout est possible". "C'est une question de personnalité, d'adéquation de l'homme ou de la femme vis-à-vis de l'économie, des caisses régionales".

> La place du numérique face à l'agence

Une étude de l'AFB (Association française des banques), publiée ce même mercredi, montre que les effectifs du secteur bancaire ont baissé de 1,6% en 2013.

"Les banques contribuaient au solde net des effectifs en positif. Dans les années qui viennent, 2014, 2015, 2016, nous contribuerons moins au solde négatif, c'est à dire que nous aurons moins de remplacements que de départs compte tenu des contraintes réglementaires, de l'économie qui est faible et de l'évolution du comportement de nos clients qui utilisent beaucoup le numérique par rapport à l'agence", a développé Jean-Paul Chifflet.

Il a toutefois indiqué que Crédit Agricole "n'a pas d'ambition de réduction significative du nombre d'agences".

J.M.