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Gérard Rameix (AMF): l'afflux de liquidités représente "un danger colossal"

Gérard Rameix, le président de l'Autorité des marchés financiers (AMF), était l'invité de BFM Business, ce lundi 2 juin.

Gérard Rameix, le président de l'Autorité des marchés financiers (AMF), était l'invité de BFM Business, ce lundi 2 juin. - -

Le président de l'Autorité des marchés financiers était l'invité de BFM Business, lundi 2 juin. Il est revenu sur les propos polémiques de Christine Lagarde envers le système bancaire, tout en livrant une vision inquiète de la situation actuelle.

Quelques heures après avoir présenté son rapport annuel, Gérard Rameix a livré sa vision du système financier, ce lundi 2 juin sur BFM Business.

Le président de l'Autorité des marchés financiers (AMF) est notamment revenu sur les récents propos de Christine Lagarde à propos des banques. La directrice générale du FMI avait en effet fustigé les "progrès trop lents" du secteur dans sa tentative de sécurisation.

"Je suis un peu moins pessimiste qu’elle", a nuancé Gérard Rameix. "Elles ont plus de fonds propres, elles sont plus surveillées, les marchés dérivés qui représentaient des milliards et des milliards de dollars de transactions vont rentrer peu à peu dans des plateformes de compensation. Donc je pense que ce secteur là, qui était un point très vulnérable, se calme un peu".

"Aujourd'hui, la situation est instable"

Mais s'il juge les propos de Christine Lagarde "assez sévères", Gérard Rameix n'est pas pour autant rassuré par la situation actuelle. "La vérité, c’est qu’il y a deux éléments: d’un côté on a mis beaucoup plus de sécurité, de fonds propres, de règles, etc. Et de l’autre, on a énormément de liquidités qui se déplacent et qui représentent un danger colossal", a-t-il assuré.

Selon lui, "la situation est instable. Personne ne peut penser que le système financier va continuer tel qu’il est aujourd’hui. Il y a trop de liquidités, avec des injections massives que l’on appelle le "quantitative easing" et qu’avant on appelait la planche à billets. Il y a 60 milliards de dollars qui sont rachetés par la Fed aux Etats-Unis, la Banque d’Angleterre fait un peu la même chose, la BCE est critiquée parce qu’elle fait un peu moins…"

"Les taux d’intérêts n’ont jamais été si bas à ma connaissance", a-t-il poursuivi. "Tant qu’on aura pas cessé d’injecter ces liquidités et qu’on ne sera pas revenu à des taux un peu plus élevés sans avoir déclenché de nouvelle crise, je ne serai pas complètement rassuré".Transmis à Mario Draghi, e président de la BCE, qui pourrait annoncer jeudi une baisse des taux d'intérêt...

Y. D.