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Et si les banques fermaient leurs coffres-forts?

Assurance, entretien, sécurité, risques divers... les banques commencent à réfléchir sérieusement à l'avenir du stockage physique de biens, un de leurs métirs historiques.

Assurance, entretien, sécurité, risques divers... les banques commencent à réfléchir sérieusement à l'avenir du stockage physique de biens, un de leurs métirs historiques. - Christophe Simon - AFP

Cette activité historique des banques commence à leur poser problème, en terme de coût, de sécurité et d’entretien. Les établissements britanniques sont particulièrement avancés sur ce sujet délicat.

Tout commence avec une rumeur propagée sur internet la semaine dernière, selon laquelle la célèbre banque HSBC va progressivement arrêter le stockage de l’or des particuliers dans les coffres-forts de ses banques. Rumeur démentie totalement par la banque, mais qui l’a forcé à réagir l’avenir de son activité de dépôt physique.

Et la banque ne fait aucun mystère autour du sujet. Progressivement ce métier est voué à disparaître. Déjà face à une économie mondialisé où le cash prend de moins en moins de place face aux échanges numériques, qui devient forcément suspect en grandes quantités, avec en toile de fond des Etats qui arrivent à traquer les échanges "sous le manteau" avec une précision croissante, axe majeur des politiques de sécurité et de lutte contre la fraude.

Beaucoup de coûts, aucun bénéfice

Autre enjeu majeur, le coût du stockage en coffre-fort: Ingénierie, entretien, sécurité bien sûr, mais aussi assurance, maintenance, etc... Des frais souvent considérables pour la conservation d’actifs volontairement peu liquides. Or, pièces, lingots, cash…mais aussi documents financiers confidentiels, testaments, documents à caractère historique, plans, brevets d’entreprises… sont autant d’actifs qui coûtent finalement très cher à conserver sans aucun retour pour les banques !

Risque de réputation et de sécurité

Sans compter un 3ème aspect, celui du risque de réputation. On peut trouver également absolument n’importe quoi dans un coffre-fort. Produits chimiques, substances illicites, drogue, matières dangereuses, armes... Autant d’objets qui constituent un risque, que les banques assurent au nom du principe de confidentialité.

L’union irlandaise des banques, dont la prestigieuse Bank Of Ireland, s’est dernièrement alarmé des risques croissants qu’impliquait cette activité de dépôt physiques, risque en matière de santé et de sécurité, qui devient "inacceptable" selon un avis officiel.

Les autorités veillent

Sans compter que les banques sont de plus en plus sous l’œil inquisiteur des autorités financières sur leurs pratiques de marché. Et notamment des manipulations supposées sur le marché des métaux précieux. Pratiques qui nécessitent des réserves physiques pour se couvrir, et sur lesquelles les banques peuvent également tricher ou éventuellement dissimuler des choses.

Un phénomène difficile à chiffrer

Il n’y a pas encore de chiffre ou d’études précises, surtout qu’on touche à un cœur historique de l’activité bancaire, mais il semble clair qu’on assiste de plus en plus à un phénomène de réduction des capacités de dépôt physique dans les banques, notamment britanniques.

Les clients sont de plus en plus souvent orientés vers des sociétés spécialisées dans ce domaine, on les incite à reprendre leurs biens, on leur propose d’autres solutions. Et il ne serait pas étonnant que les frais de garde augmentent sensiblement ces prochaines années. Des tarifs de plus en plus "dissuasifs", prélude à la fin de cette activité historique.

Antoine Larigaudrie