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Et si la BCE ne décidait rien ce jeudi?

La BCE pourrait encore décider de ne rien décider, ce jeudi.

La BCE pourrait encore décider de ne rien décider, ce jeudi. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Plusieurs dirigeants de la banque centrale ont indiqué que l'institution, qui tient ce jeudi 3 avril sa conférence mensuelle, prépare des mesures pour empêcher la zone euro de basculer dans la déflation. Va-t-elle le faire?

La déflation. Ce scénario catastrophe effraie la Banque centrale européenne (BCE), qui tient ce jeudi 3 avril sa conférence mensuelle. La semaine dernière, plusieurs membres de l'institution européenne ont ainsi indiqué qu'elle préparerait de nouvelles mesures exceptionnelles pour que la zone euro ne bascule pas dans la déflation.

Même le très orthodoxe Jens Weidmann, le patron de la Bundesbank, a indiqué qu'il n'était pas hors de question que la BCE muscle son action, à condition toutefois qu'elle respecte son mandat. C’est-à-dire qu'elle ne finance pas directement les Etats.

La faiblesse de l'inflation, qui, selon des données publiées par Eurostat lundi 31 mars, est tombée à un plus bas historique au mois de mars, à 0,5%, a semblé accentuer la pression mise sur les épaules de la BCE.

La crédibilité de la BCE en jeu

Pourtant, mardi 1er avril, son vice-président, le portugais Victor Constancio, a calmé le jeu en réaffirmant que l'institution "ne voit pas de scénario de déflation" dans la zone euro.

La BCE chercherait-elle ainsi à gagner un peu de temps? La très grande majorité des analystes s'attend, en tout cas, à un statu quo de sa part, pour ce jeudi. "La BCE devrait rester au niveau du discours sans passer à l'acte. Je n'attends pas de décision concrète mais des paroles plus accommodantes" de la part de son président Mario Draghi, explique Gilles Moec, co-directeur des études économiques chez Deutsche Bank.

"La BCE cherche à se distinguer un peu du flux de données quotidiennes", poursuit-il, indiquant ainsi que le niveau actuel de l'inflation ne devrait pas suffire à pousser la BCE à agir.

A plus long terme, l'institution européenne pourrait néanmoins être contrainte de dégainer. "Si en avril et en mai les chiffres de l'inflation se situent encore en-dessous de la trajectoire anticipée par la BCE, il y aura une attente forte, car sa crédibilité sera fragilisée", estime Gilles Moec.

Julien Marion