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La BCE pressée d'agir par l'Allemagne

La Bundesbank a toujours été prudente quant aux interventions de la BCE.

La Bundesbank a toujours été prudente quant aux interventions de la BCE. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Mario Draghi va-t-il formuler des annonces lors de la prochaine réunion de la Banque centrale européenne, jeudi 3 avril? Même Berlin, d'ordinaire peu enclin aux mesures non-conventionnelles, l'appelle aujourd'hui à agir.

La Banque centrale européenne tient sa réunion mensuelle jeudi 3 avril. Une réunion particulièrement attendue après un revirement intervenue la semaine dernière: l'Allemagne semble désormais presser l'institution d'agir.

C'est la fin d'un tabou. Mardi 25 mars, le patron de la Banque centrale allemande, Jens Weidmann, a donné son feu vert à des mesures anti-conventionnelles. Une position totalement inattendue alors que, "historiquement, la Bundesbank a toujours été prudente quant aux interventions de la BCE sur le marché de la dette européenne", rappelle Patrick Legland, de Société générale investment banking.

Pour les analystes, c'est un signal fort. Cette décision a forcément été pesée et sous-pesée. Si le patron de la Bundesbank change d'avis, c'est qu'il considère qu'il y a un problème. Le spectre d'une rechute des pays d'Europe du sud réapparaît.

Rachat de créances des banques

Toutes sortes de solutions sont désormais envisageables, y compris des rachats d'actifs. L'une d'elle, parmi les plus efficaces et les plus crédibles aux yeux des experts, consisterait à racheter aux banques une partie de leurs créances. Avec à la clé, une action ciblée sur les pays du sud de la zone euro, là où les banques ont de plus en plus de mal à prêter.

La BCE récupérerait des crédits en échange de liquidités. De quoi redonner une bouffée d'oxygène pour soutenir ces économies. Le fait d'être soutenue par l'Allemagne pourrait en tous cas permettre aux services de Mario Draghi de passer de la parole aux actes.

Caroline Morisseau