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Carrefour cherche à se séparer de C-zam

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Près de deux ans et demi après son lancement, la banque en ligne du géant de la grande distribution n'a jamais fonctionné tant et si bien que le groupe aspire aujourd'hui à s'en délester.

Les comptes n'y sont pas pour Carrefour… Ils n'y sont même pas du tout. Après avoir lancé en avril 2017, C-Zam -son coffret bancaire maison constitué d'un numéro de compte et d'une carte bancaire vendu au prix de seulement 5 euros (hors frais de tenue de compte)- le géant de la grande distribution doit aujourd'hui se rendre à l'évidence. Le pari est raté.

Pourtant, tout avait bien commencé… Les six premiers mois, l'offre C-Zam vendue sur Internet ou directement dans les rayons des supermarchés avait su convaincre pas moins de 90.000 clients. Mais le soufflé était rapidement retombé et Carrefour - qui comptait vendre 200.000 coffrets la première année – n'était finalement pas parvenu à dépasser les 120.000 comptes activés. En comparaison, le compte Nickel, distribué dans les bureaux de tabac, avait convaincu 200.000 clients en seulement deux mois.

Plus de deux ans après son lancement, C-Zam peine encore à atteindre les 150.000 clients. Et ce, malgré la force de frappe importante dont dispose le distributeur (3000 points de vente au total).

Chronique d'une offre mal gérée

Le problème, c'est que Carrefour a visiblement sous-estimé le staff nécessaire pour gérer le compte. Service client injoignable, caissiers(-ières) non formés… Au final, 30% des clients ayant acheté un coffret n'ont jamais activé leur compte. Dans l'urgence, le distributeur avait même sollicité l'aide d'une plateforme répondant au nom de Webhelp pour répondre aux clients. Mais le mal était fait et les consommateurs, déçus, ont peu à peu délaissé le produit.

Aujourd'hui, le groupe n'aurait plus qu'une idée en tête selon une source syndicale, "vendre au plus offrant". Reste désormais à trouver un acquéreur. Or, la clientèle de C-zam -en plus d'être peu nombreuse- demeure fragile. Pour l'heure, "aucune banque traditionnelle ne semble intéressée", détaille notre journaliste. Ce d'autant plus "que toutes ont déjà lancé leur propre offre". La Banque Postale avec Ma French Bank, le Crédit Agricole avec Eko, BNP Paribas a même racheté l'audacieuse Fintech tricolore Nickel lancée en 2014.

Selon une source syndicale, il est probable que C-Zam meurt à petit feu, même si Carrefour -que nous avons contacté- se refuse à tout commentaire. Signe d'une éventuelle fin? Le géant de la grande distribution qui, au départ communiquait régulièrement sur le succès de cette offre, ne s'y risque plus. Les derniers résultats remontent à six mois et stagnent à 120.000 comptes activés. On est donc loin, très loin des ambitions initiales de Carrefour qui tablait sur 2 millions de coffrets vendus d'ici 2022.

Julie Cohen-Heurton avec Caroline Morisseau