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Au tour d'UBS France de facturer les dépôts de ses clients à cause des taux bas

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UBS - Fabrice COFFRINI - AFP

La banque ne fixe pas de seuil minimum et cette "taxation" ne concernera que les clients sans mandat de gestion.

Avec la persistance des taux négatifs, de plus en plus de banques européennes commencent à ponctionner les dépôts en liquide de certains de leurs clients afin de répercuter l'impact de la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE). En Allemagne, une des banques locales du réseau Volksbank Raiffeisenbank a décidé en novembre dernier de prélever un taux d'intérêt négatif dès le premier centime d'euro déposé sur un compte d'épargne à vue. Une première en Europe, même si plusieurs banques avaient déjà décidé de "taxer" les dépôts supérieurs à 75.000 ou 100.000 euros. 

En France, c'est le groupe bancaire Lombard Odier qui a annoncé en premier qu'il appliquera une pénalité sur les dépôts de ses clients supérieurs à un million d'euros. D'autres banques envisagent de franchir le pas. 

C'est le cas d'UBS France. Selon Les Echos, la filiale française de la banque suisse va prélever des frais sur les dépôts de liquidités de ses clients à partir d'avril 2020. Aucun montant minimum n'aurait été fixé mais selon le quotidien économique, seuls les clients sans mandat de gestion sont concernés.

"Facturer les dépôts en cash devient une nécessité. Naturellement, en fonction des attentes du client", explique Jean-Frédéric de Leusse, président du directoire d'UBS France. "Notre métier, c'est d'investir, pas de gérer des dépôts qui nous coûtent cher. Nous facturerons les dépôts après avoir laissé aux clients la possibilité d'investir, donc de manière effective au printemps prochain".

"Notre métier, c'est d'investir, pas de gérer des dépôts qui nous coûtent cher"

Ailleurs en Europe, UBS applique une pénalité de 0,6% sur les dépôts supérieurs à 500.000 euros. Son concurrent Credit Suisse prélève 0,4% sur les dépôts de ses clients supérieurs à un million d’euros en Suisse. 

L'environnement de taux bas découle notamment de la politique de la Banque centrale européenne (BCE), en fixant le niveau des taux d'intérêt dits "directeurs". Ces taux influent sur le coût du crédit pratiqué par les banques ainsi que sur le rendement de l'épargne.

Or depuis plus de cinq ans, la BCE sanctionne financièrement les banques, au travers d'un taux dit "de dépôt" négatif (à -0,5% actuellement), lorsque celles-ci placent à court terme des surplus de liquidités auprès d'elle au lieu de les injecter dans l'économie. La BCE a néanmoins modifié ce mécanisme, devenu très coûteux pour les banques, en instaurant un système à deux paliers permettant d'exonérer ainsi un volume important de liquidités à taux négatifs.

OC