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Agnès Pannier-Runacher: "Il faut accepter qu'il y ait une partie de restructurations" chez Renault

Image d'illustration - La secrétaire d'Etat à l'Economie Agnès Pannier-Runacher a estimé mercredi que des restructurations devaient être acceptées chez Renault, qui va bénéficier d'un prêt garanti par l'Etat de 5 milliards d’euros.

Image d'illustration - La secrétaire d'Etat à l'Economie Agnès Pannier-Runacher a estimé mercredi que des restructurations devaient être acceptées chez Renault, qui va bénéficier d'un prêt garanti par l'Etat de 5 milliards d’euros. - LUDOVIC MARIN / AFP

La secrétaire d'Etat à l'Economie Agnès Pannier-Runacher a estimé ce mercredi sur France Inter que des restructurations devaient être acceptées chez Renault. Le constructeur va bénéficier d'un prêt garanti par l'Etat de 5 milliards d’euros.

Un prêt de 5 milliards d’euros, pas de licenciements secs mais des restructurations, c’est le plan qui se dessine après la rencontre ce mardi entre le ministre de l’Economie et des Finances Bruno le Maire, les syndicats du constructeur et son président de Renault Jean-Dominique Senard.

"Nous accompagnons Renault dans une des plus graves crises de son histoire, et pour ce faire, il faut accepter qu'il y ait une partie de restructurations", a déclaré la secrétaire d’Etat à l’Economie Agnès Pannier-Runacher au micro de France Inter ce mercredi.

"Nous avons poussé Renault à reconsidérer la question de Maubeuge"

A l’issue de cette première réunion à Bercy, le gouvernement a donné son accord pour le déblocage du prêt garanti de 5 milliards d’euros pour Renault. Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire s'est félicité suite à cette rencontre d'avoir obtenu la préservation de l'emploi et des capacités industrielles sur le site de Maubeuge (Nord), menacé de fusion avec celui de Douai. Les 15.000 suppressions de postes dans le monde, dont 4600 en France, sont elles toujours à l’ordre du jour.

"Je vais être très claire. Ce sont des postes qui sont supprimés, ce ne sont pas des personnes qui partent, ce ne sont pas des personnes qui sont mises au chômage du jour au lendemain, a précisé Agnès Pannier-Runacher sur France Inter. En économie, nous ne sommes pas dans le déni, a rappelé la ministre. J’ai été trop marquée dans ma jeunesse par les suppressions d'emploi dans la sidérurgie, le textile, où on commençait par dire ‘il ne va rien se passer’ et finalement on regardait partir des pans entiers de l’économie".

Interrogée pour savoir si le gouvernement prenait l'engagement qu'il n'y aurait pas de licenciements secs chez Renault, comme l'a promis son président Jean-Dominique Senard, Agnès Pannier-Runacher a déclaré:

"Surtout, je lui renvoie cet engagement, et je lui dis: "tenez cet engagement". Nous l'avons poussé dans ses retranchements et nous avons poussé Renault pour qu'il reconsidère de manière très claire par exemple la question de Maubeuge. Faites-nous des propositions, c’est l’usine la plus compétitive de France, on ne comprendrai pas que cette usine n’est pas un avenir".

Des discussions ouvertes dès la semaine prochaine

Des discussions doivent s’ouvrir dès la semaine prochaine avec les partenaires sociaux sur l’avenir du site nordiste, notamment après 2023, date jusqu’à laquelle court le plan de 2 milliards d’euros d’économies annoncé par Renault en fin de semaine dernière.

Sur les quatorze sites industriels du groupe dans l'Hexagone, un seul est définitivement voué à la fermeture, celui de Choisy-le-Roi (Val-de-Marne). Les salariés ont fait grève mardi contre le transfert de l'activité de recyclage prévu vers Flins (Yvelines).

Pauline Ducamp avec AFP