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L'activité et l'emploi maintenus dans l'usine Renault de Maubeuge "au-delà de 2023"

L'usine Renault de Maubeuge (Nord), où est produit le petit utilitaire Kangoo.

L'usine Renault de Maubeuge (Nord), où est produit le petit utilitaire Kangoo. - Ludovic MARIN / AFP

Bruno Le Maire recevait ce matin à Bercy les syndicats de Renault, son président Jean-Dominique Sénard et les élus locaux. L'avenir du site de Maubeuge (Nord) semble s'éclaircir.

L'activité et l'emploi sur le site MCA, filiale de Renault à Maubeuge (Nord), seront maintenus "au-delà de 2023", a déclaré ce mardi à l'AFP Xavier Bertrand. Le président des Hauts-de-France s'est exprimé à l'issue d'une réunion à Bercy en présence notamment de Bruno Le Maire, de la direction de Renault et des syndicats.

"Le ministre (de l'Economie) a bien compris la détermination de tout le monde et clairement entendu le message: pas de fermeture de MCA et MCA ne devient pas une coquille vide", a indiqué M. Bertrand, qui reste toutefois vigilant sur les modalités de l'engagement du constructeur automobile.

Quel nouveau véhicule?

"On ne pouvait pas rester avec une épée de Damoclès pendant un an. Mais cela ne nous suffit pas encore: il faut maintenant rentrer dans le détail de comment on maintient l'emploi au delà de 2023, a ajouté Xavier Bertrand. Il faut qu'on ait un maximum de visibilité, au moins sur les années 2020/2030".

Le président de la région a évoqué des échanges "fermes, parfois rugueux". "Les salariés ont fait leurs preuves, c'est maintenant à l'Etat de faire ses preuves et de respecter ses engagements", a-t-il encore affirmé.

Pour Jérôme Delvaux, secrétaire du syndicat CGT-MCA, l'issue de cette réunion est "une grande victoire".

"Au-delà du maintien des 2.100 salariés, il y a aussi un engagement pour trouver un nouveau véhicule à construire pour garantir l'emploi au-delà de 2023", a déclaré Jérôme Delvaux.

Une production en baisse à Maubeuge

Parmi les sites évoqués dans le plan d’économies dévoilé par Renault en fin de semaine dernière, la situation de celui de Maubeuge (Nord) avait suscité beaucoup d’émoi. La direction envisage en effet de créer un "pôle d’excellence électrique" entre ce site et celui de Douai, distant de 70 kilomètres, une usine qui compte elle 2900 salariés.

D’une capacité de production de 250.000 voitures, l’usine de Maubeuge n’a assemblé que 149.741 voitures l’an dernier, selon des données du cabinet Inovev, ce qui donne un taux d’utilisation de 60%. Avec un peu plus de 91.574 voitures assemblées, pour une capacité de production de 250.000 véhicules, l’usine de Douai (Nord) ne tournait elle qu’à 37% de ses capacités.

Ce trou d’air pèse sur la rentabilité des deux usines, pourtant technologiquement en pointe sur l’électrique pour Maubeuge et le haut de gamme pour Douai. Ce site produira également à partir de 2022 des véhicules électriques sur la toute nouvelle plateforme CMF-VE, d'où l'idée de la direction de rassembler éventuellement les compétences, sans plus de précisions.

Des négociations dès la semaine prochaine

Samedi, des milliers de personnes, 8.000 selon la CGT, avaient manifesté à Maubeuge contre le plan d'économies de Renault qui prévoit 4.600 suppressions d'emploi sur 48.000 en France. L'usine MCA est à l'arrêt depuis vendredi matin. "La mobilisation de samedi a eu un énorme impact", a relevé Jérôme Delvaux, précisant que les salariés se prononceraient mercredi sur la reprise de l'activité.

"Dès la semaine prochaine, nous serons autour de la table pour commencer les négociations avec Renault pour l'avenir du site et un prochain point sera réalisé avec le ministre de l'Economie en septembre", a-t-il précisé.
Pauline Ducamp avec AFP