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Un jeune diplômé décroche un CDI avec une lettre de motivation bizarre

 L'entreprise cherchait une personnalité audacieuse pour le poste de responsable de la communication.

L'entreprise cherchait une personnalité audacieuse pour le poste de responsable de la communication. - Nappiness - CC0

En quête d'un responsable marketing-communication, la start-up Alumnforce a reçu une lettre de motivation pour le moins originale: le candidat avait émaillé son texte d'une formule qui s'est révélée magique: "blablabla".

Les avis sont partagés sur les retombées à attendre d'une candidature originale et décalée. Mais pour certains secteurs, cela peut s'avérer payant. Alumnforce, une start-up spécialisée dans des outils collaboratifs pour les étudiants et jeunes diplômés, vient de recruter son responsable marketing communication sur ce genre de coup de bluff.

Après avoir posté l'offre d'emploi sur différentes sites, les réponses, pas si nombreuses, ne donnaient rien. Manque de qualification ou pas assez orienté vers l'esprit start-up… aucun profil ne semblait correspondre. Jusqu'à ce qu'une candidature attire l'œil de Baptiste Massot, responsable commercial d'Alumnforce. Celle de Julien Chorier qui, comme le relate le Huffington post, a choisi d'envoyer une lettre de motivation remplie de "blabla". Au sens propre.

Ce jeune diplômé de la Kedge Business School de Bordeaux, une école de commerce et de management, a entrecoupé les habituelles formules bateau destinées à détailler ses compétences et son envie de rejoindre l'entreprise par des enchaînements de "blabla".

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- © Julien Chorier

Après avoir envoyé en vain une vingtaine de candidatures au format traditionnel, ce jeune de 24 ans a tenté de jouer la carte du décalé. "Avec un ami, on s'est dit un jour que tout ça c'était vraiment du 'blabla' et que les entreprises n'avaient sûrement pas le temps de tout lire. J'ai repensé à cela et j'ai décidé de remplacer tout ce qui n'était pas essentiel dans ma lettre par 'blabla'. a-t-il expliqué au Huffington post.

Une audace qui a séduit Baptiste Massot. "On est à la recherche de gens qui sortent des clous, qui ont de l'initiative", explique-t-il. "Si parfois on reçoit quelques CV originaux, c'est à dire un peu plus créatifs sur la forme, les lettres qui les accompagnent sont toujours les mêmes", regrette-t-il.

Il appelle donc Julien Chorier dans la foulée, pour vérifier si sa créativité et son art de la communication allaient au-delà de cette performance. Passé ce premier contact fructueux, le recrutement suit alors un chemin des plus classiques: deux entretiens, un test d'écriture "pour voir ce qu'il valait notamment en orthographe et en esprit d'analyse"… et la bonne nouvelle arrive pendant les fêtes. Julien Chorier a décroché un CDI et commence mardi 19 janvier.

La start-up, qui compte désormais 14 collaborateurs, est adepte des recrutements sur des candidatures originales. Il y a 4 mois, une commerciale a été embauchée après avoir mis en objet du mail: "candidature: et si celle-ci était différente des autres?". Avis aux créatifs: la start-up prévoit de continuer à renforcer ses effectifs.

Coralie Cathelinais