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Pourquoi les salariées françaises peuvent envier les Canadiennes

Au Canada, les employeurs vont devoir revoir leurs exigences vis à vis des tenues de leurs salariés.

Au Canada, les employeurs vont devoir revoir leurs exigences vis à vis des tenues de leurs salariés. - Williams- CC

Dans la province canadienne de Colombie-Britannique, les employeurs ne peuvent plus obliger leurs salariées à porter des talons hauts, une pratique jugée dangereuse et discriminatoire. En France, la loi est moins regardante sur le sujet.

Un pas vers l'égalité entre hommes et femmes au travail vient d'être franchi au Canada. Il ne concerne pas le salaire… mais le port des talons hauts. La Première ministre de la province de Colombie-Britannique, Christy Clark, a dans un communiqué co-signé avec la ministre du Travail Shirley Bond, jugé que cette pratique était "dangereuse" et "discriminatoire". "Avec le port prolongé de talons hauts au travail, il y a un risque de blessure physique en glissant ou en tombant, ainsi que des dommages au niveau du pied, de la jambe et du dos", a-t-elle indiqué. Les employeurs sont donc incités à revoir leurs exigences sur la tenue imposée à leurs salariés. Mais la législation devrait définitivement interdire le fait d'obliger le port des talons, dans le cadre d'une modification de la loi sur les accidents du travail et les normes de sécurité.

Licenciée pour des tenues jugées incorrectes

Le port des talons est en effet une épine dans le pied qui gêne de nombreuses salariées. En mai 2016, une salariée anglaise s'est fait licencier car elle refusait de porter les talons de 5 centimètres minimum imposés par son employeur. Une telle mésaventure pourrait tout aussi bien arriver à une salariée française.

Un employeur a tout à fait le droit d'imposer une tenue de travail à ses salariés. Cela peut aussi bien consister en un uniforme aux couleurs de l'entreprise que le port d'une jupe et de talons. À la condition toutefois que cela soit justifié par la nature du poste occupé, comme par exemple un employé étant au contact de la clientèle.

L’article L 1121-1 du code du travail dispose: "Nul ne peut apporter aux droits des personnes et aux libertés individuelles et collectives de restrictions qui ne seraient pas justifiées par la nature de la tâche à accomplir ni proportionnées au but recherché". Si le port de bermuda ou de survêtement a déjà fait l'objet de contentieux devant les Prud'hommes, avec une issue favorable ou non pour le salarié en fonction du poste occupé, celui des talons n'a pour l'instant pas été un motif contesté de rupture de contrat.

C.C.