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Le télétravail obligatoire est une mesure "symbolique" qui "n'a pas beaucoup de sens"

À partir de ce lundi, le télétravail est obligatoire au moins trois jours par semaine pour les entreprises qui le peuvent. Une mesure "symbolique" pour le vice-président de l'ANDRH, Benoit Serre.

Le télétravail, désormais, est obligatoire: face à la nouvelle vague de l'épidémie, le gouvernement a repris la main aux entreprises en imposant, au minimum, trois jours de télétravail par semaine à partir de ce lundi. "On a été un petit peu étonné de voir réapparaître le télétravail obligatoire", a réagi ce lundi matin Benoit Serre, vice-président de l'Association nationale des DRH (ANDRH), sur le plateau de BFM Business.

"Ça fait près de deux ans que les entreprises s'organisent, le nombre de clusters dans les entreprises a finalement très peu évolué, preuve qu'on sait à peu près gérer", a-t-il avancé. Or, le télétravail obligatoire "signifie appliquer une règle monolithique, que ce soit dans une tour à la Défense ou une petite entreprise dans une ville moyenne, ça n'a pas beaucoup de sens". Cette mesure a "sans doute" été mise en place pour "pousser" les entreprises récalcitrantes à en faire, a assuré Benoit Serre.

Pour s'assurer que les entreprises respectent les nouvelles règles, la ministre du Travail, Elisabeth Borne, a annoncé ce lundi matin une multiplication des contrôles, à un rythme de 5000 contrôles par mois. L'entreprise qui ne respecterait pas le télétravail obligatoire pourra être sanctionnée d'une amende administrative allant jusqu'à 1000 euros par salarié.

"Je comprends, quand il y a une obligation, il y a une sanction", mais "il n'y a pas de liste de métiers de télétravail, ça n'existe pas", a assuré Benoit Serre, soulignant que "le même métier peut être télétravaillable dans une entreprise et pas dans l'autre". "Je ne sais pas sur quel fondement une telle sanction pourra être appliquée à une entreprise. Il y aura forcément une interprétation par l'inspection du travail", or "elle n'a pas autorité pour décider ce qui est télétravail et ce qui ne l'est pas", a-t-il ajouté.

Une "mesure symbolique"

Les premières sanctions ne devraient néanmoins pas tomber immédiatement. "Quand l'inspection du travail vient, vous n'avez pas la sanction tout de suite. Ils regardent, vous avez une mise en demeure, une deuxième, et puis éventuellement vous être sanctionné. Il y a déjà eu des sanctions par le passé, c'était au moment du premier confinement, il y en a eu très peu finalement", a précisé le vice-président de l'ANDRH.

Pour Benoit Serre, "cette mesure a une valeur symbolique pour forcer ceux qui ne veulent pas du télétravail à en faire, parce qu'il faut reconnaître que certains dirigeants d'entreprise sont très défavorables au télétravail".

Jérémy Bruno Journaliste BFMTV