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Un tiers des nouveaux dentistes ont obtenu leur diplôme à l'étranger

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- - Thomas Samson - AFP

Parmi les nouveaux dentistes enregistrés en France en 2015, un tiers a obtenu son diplôme à l'étranger. En parallèle, les effectifs de la profession vont fortement augmenter dans les prochaines années, après plus d'une décennie de stabilité.

Un tiers des nouveaux chirurgiens-dentistes inscrits à l'Ordre en 2015 ont obtenu leur diplôme à l'étranger. Une "arrivée massive" qui a renouvelé des effectifs stables depuis 15 ans, révèle une étude de la Drees publiée mardi.

Au 1er janvier 2016, la France comptait 41.200 chirurgiens-dentistes en activité, un effectif stable depuis 15 ans (+1% entre 2000 et 2016) alors que celui des médecins a augmenté, relève le service de statistiques des ministères sociaux.

Le nombre de places en seconde année d'odontologie (numerus clausus) a fortement augmenté depuis 2004 pour atteindre 1200 en 2016, ce qui "commence à produire ses effets", note l'étude. "Il permet le remplacement des générations issues des numerus clausus élevés du milieu des années 1970 qui partent aujourd'hui à la retraite" et "tiraient la moyenne d'âge des praticiens vers le haut", d'où "un début de rajeunissement des praticiens", la moyenne d'âge revenant d'un plus haut de 48,2 ans en 2012 à 47,6 ans en 2016, analyse-t-elle.

Des diplômes obtenus en Europe

Ce rajeunissement s'explique aussi par l'augmentation du nombre de professionnels diplômés à l'étranger, qui en 2015 représentaient 31% des professionnels en activité inscrits pour la première fois à l'Ordre national des chirurgiens-dentistes (ONCD), soit 500 dentistes, contre seulement 5% des primo-inscrits en 1999.

"L'Europe est la principale pourvoyeuse de diplômés hors de la France puisque, selon l'Ordre, 46% des diplômés étrangers inscrits en 2015 ont obtenu leur diplôme en Roumanie, 22% en Espagne, 17% au Portugal. Parmi les primo-inscrits, 11% sont de nationalité roumaine", cite la Drees.

"Dans l'hypothèse de comportements constants et d'un maintien des politiques en vigueur", le nombre de professionnels devrait augmenter de 18% entre 2016 et 2040 (soit + 8.000), souligne-t-elle dans une seconde étude. Cette hausse, qui serait proportionnellement plus importante que celle de la population française, s'expliquerait là aussi en "grande partie par l'arrivée de dentistes diplômés à l'étranger, sous réserve que le niveau actuel de ces flux se maintienne".

Le Sud mieux pourvu que le Nord

Les diplômés à l'étranger sont âgés en moyenne de 32 ans à leur arrivée en France et se différencient des diplômés en France en ne choisissant à leur arrivée de s'installer en libéral que pour 67% d'entre eux contre 87% des diplômés en France.

La Drees révèle par ailleurs que l'exercice libéral est nettement majoritaire et concerne près de neuf praticiens sur dix en 2016. La part de l'exercice salarié décroît avec l'âge jusqu'à 45 ans: 16% des moins de 30 ans sont salariés contre 9% des 40-49 ans. Les salariés exercent souvent dans des centres de santé (67%) et plus rarement dans des établissements hospitaliers (11%) et des cabinets (10%).

Enfin, la répartition des professionnels est inégale sur le territoire. Ils privilégient les départements du sud de la France: dans les Alpes-Maritimes la densité des chirurgiens-dentistes était de 109 professionnels pour 100.000 habitants en 2016, soit supérieure de 50% à la moyenne nationale (62 pour 100.000 habitants). À l'inverse, les départements ultramarins ou de la Normandie ont des densités très faibles, autour de 40 pour 100.000 habitants.

N.G. avec AFP