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Un actif sur dix compte changer de profession dans l'année

22,5% des actifs français estiment occuper un poste qui ne nécessite pas l’usage de leur plein potentiel.

22,5% des actifs français estiment occuper un poste qui ne nécessite pas l’usage de leur plein potentiel. - Ludovic Marin - AFP

Finies les carrières linéaires: 10% des Français actifs veulent se reconvertir dans l'année à venir. Et ils sont même 20% à vouloir le faire parmi les salariés qui ont déjà changé de poste au cours des 12 derniers mois, selon le groupe Adecco. Mais ils manquent d'informations pour mener à bien ce projet.

Les salariés sont loin d'être accrochés à leur job. La 3ème édition de l'Observatoire des trajectoires professionnelles publié par le Groupe Adecco met en lumière un marché de l'emploi plus mobile qu'il n'y paraît. Près d'un actif occupé sur quatre a connu une transition professionnelle, qui se traduit par un nouvel emploi, la création d'une entreprise, une période de chômage au cours de l'année écoulée. Parmi eux, les femmes (30,5%) sont plus nombreuses que les hommes (22,4%) et les jeunes sont également les plus représentés (49% des 18-26 ans et 34% des 27-34 ans).

Ces actifs qui ont connu le changement ne comptent pas pour autant se stabiliser. Un sur cinq souhaite même changer de profession dans l'année à venir. Alors que sur l'ensemble des sondés, la proportion n'est que de un sur dix. 

"Lorsque les actifs connaissent une transition professionnelle, celle-ci semble ne pas toujours les mener directement vers une situation professionnelle qui les satisfait", met en avant les auteurs de l'observatoire.

Les sondés désireux de se réorienter justifient leur choix par l'épuisement provoqué par leur job pour 51% d'entre-eux, la crainte de perdre leur emploi (35%) ou encore une déception vis-à-vis de l'entreprise qui n'a pas tenu ses promesses (39%).

Le sentiment d'être surqualifié

L'observatoire met aussi en avant le sentiment très répandu d'être surqualifiés par rapport au poste : 22,5% des actifs français estiment occuper un poste qui ne nécessite pas l’usage de leur plein potentiel. Cela concerne une femme sur quatre et un homme sur cinq. "Un phénomène qui remet en cause la pertinence des formations et leurs liens avec les besoins du marché", regrettent les auteurs de l'Observatoire.

Les salariés s'estiment bien seuls quand il s'agit de savoir quel tournant donner à leur carrière. 63,3% estiment qu’il est "assez difficile" voire "très difficile" de trouver des informations sur ce thème, 46,3% ne savent pas à qui s’adresser pour obtenir de l’aide, des conseils ou un accompagnement pour les aider à orienter leur carrière.

Ils sont néanmoins en majorité conscients qu'une formation sera nécessaire pour évoluer : 61% envisagent d'en suivre une dans les cinq ans à venir. Mais 46% ne savent pas vers qui se tourner, 23% ne savent pas ce qu'est le Compte personnel de formation (CPF), et seulement 20,9% ont ouvert le leur. Le faible niveau d’appropriation de certains dispositifs doivent interroger fortement sur la pédagogie mais aussi l’accompagnement offert autour des dispositifs existants, préconisent les auteurs.

C.C.