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Ryanair envisage de nouvelles suppressions d'emplois en raison des retards du Boeing 737 Max

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La compagnie irlandaise appuyait ses projets de croissance sur le Boeing Max 737, cloué au sol depuis mi-mars 2019. Le groupe comptait recevoir 58 appareils pour cet été et doit revoir son programme à la baisse.

La compagnie aérienne à bas coût Ryanair menace de procéder à de nouvelles suppressions d'emplois et fermetures de bases en raison des délais supplémentaires dans la livraison de Boeing Max 737. Dans une lettre adressée à son personnel datée du 27 janvier et transmise mercredi à l'AFP, le transporteur irlandais regrette "les mauvaises nouvelles supplémentaires" concernant l'appareil de Boeing.

L'avionneur américain a repoussé à la mi-2020 une remise en service du Max et espère en reprendre la production, suspendue depuis le début de l'année, quelques mois auparavant.

Révision à la baisse du programme estival

La flotte de Ryanair est composée exclusivement d'appareils de Boeing et ses projets de croissance sont donc perturbés par les problèmes du 737 Max, dont tous les exemplaires sont cloués au sol depuis mi-mars 2019 après deux accidents rapprochés ayant fait au total 346 morts.

Ryanair explique dans cette lettre qu'il ne pourra donc pas recevoir comme prévu avant la saison d'été 2020 les dix 737 Max qu'il espérait. Il table désormais sur septembre ou octobre au plus tôt.

Le groupe comptait recevoir 58 Max pour cet été avant de revoir peu à peu ses ambitions à la baisse. Moins d'avions disponibles signifie une révision à la baisse du programme estival de vols, période cruciale pour des compagnies comme Ryanair qui transportent de nombreux touristes vers des destinations ensoleillées.

"Malheureusement, cela veut dire que nous ne pouvons pas exclure de nouvelles fermetures de bases" et que "de nouvelles suppressions d'emplois de pilotes et de personnels de cabine ne peuvent être exclues", écrit Eddie Wilson le directeur du personnel de Ryanair.

La décision communiquée début février

Le transporteur, qui emploie 19.000 personnes au total, précise qu'il informera les bases concernées dans la première quinzaine de février une fois les décisions prises.

Les bases sont des aéroports sur lesquels les avions des compagnies aériennes sont stationnés, ce qui se traduit par un surcroît d'activité et d'emplois sur place.

Ces coupes s'ajouteraient à celles annoncées depuis l'été dernier, qui étaient déjà justifiées par les retards de livraison du Boeing Max 737. La compagnie n'a jamais confirmé de chiffres mais avait évoqué la perte possible d'environ 900 emplois, entre les pilotes et les personnels de cabine.

Depuis plusieurs mois, elle annonce des fermetures de bases au compte-goutte comme celles dévoilées début décembre pour Nuremberg en Allemagne et de Stockholm en Suède.

Malgré ces incertitudes, Ryanair a relevé le 10 janvier ses prévisions de résultats pour son exercice décalé 2019-2020 (achevé en mars) grâce à une bonne période de Noël et des réservations meilleures que prévu pour ce début d'année.

C.C. avec AFP