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Les problèmes du Boeing 737 MAX contraignent Ryanair à fermer des bases

Le transporteur irlandais a introduit une demande de licenciement collectif auprès de l'UWV, l'organisme chargé de délivrer les permis de licenciement aux Pays-Bas

Le transporteur irlandais a introduit une demande de licenciement collectif auprès de l'UWV, l'organisme chargé de délivrer les permis de licenciement aux Pays-Bas - Pau Barrena - AFP

La compagnie low cost va devoir fermer, à compter du mois d'octobre, des bases dans certaines des villes qu'il dessert, du fait des retards de livraison du Boeing 737 MAX. La compagnie ne compte pas cependant pas abandonner l'avion américain.

Le transporteur aérien Ryanair a annoncé mardi qu'il allait fermer des bases dans certains des aéroports qu'il dessert à partir du mois d'octobre à cause des reports de livraison du Boeing 737 MAX, dont la flotte est clouée au sol après deux accidents.

Le géant irlandais a expliqué que la livraison attendue de Boeing 737 MAX 200 étant retardée, il prévoyait désormais de ne recevoir que 30 de ces appareils d'ici à mai 2020, contre 58 prévus au départ. "Ce manque de livraisons va nous contraindre à diminuer notre activité sur certaines bases et à en fermer pour l'été 2020, mais aussi pour l'hiver 2019", a expliqué le directeur général Michael O'Leary dans un communiqué. Pour mémoire, le calendrier des vols comprend deux périodes: la saison hiver, qui débute le dernier dimanche du mois d’octobre et s’achève le dernier samedi du mois de mars suivant puis la saison été, d’une durée de sept mois, qui se termine le dernier samedi du mois d’octobre.

Au total, le groupe aérien à bas coût a commandé 135 Boeing 737 MAX 200 et posé une option sur 75 supplémentaires. La flotte de Ryanair est exclusivement composée d'appareils de l'avionneur américain, avec actuellement 450 Boeing 737-800, de versions toutes antérieures au 737 MAX.

Entièrement dépendant de Boeing, les problèmes du 737 MAX constituent donc une épine dans le pied du groupe et à ses ambitions de croissance. Le retard de livraison "va réduire la croissance de notre trafic à l'été 2020 à 3% contre 7%" prévus au départ. "Nous transporterons environ 157 millions de passagers lors de l'année comptable d'avril 2020 à mars 2021, contre 162 millions prévus jusqu'à présent", a regretté Michael O'Leary. 

Ryanair reste fidèle au 737 MAX

Composé de trois compagnies principales (Ryanair stricto sensu dont le siège est en Irlande, Lauda en Autriche et Buzz en Pologne), le groupe Ryanair a de grandes ambitions et vise la barre des 200 millions de passagers transportés par an d'ici à 2024.

Malgré ce contretemps, Michael O'Leary a souligné que Ryanair restait "fidèle au Boeing 737 MAX" qu'il espère voir revoler avant la fin 2019. Il a reconnu toutefois que "la date exacte de ce retour restait incertaine" et que ceci déterminerait si les livraisons pour l'été 2020 sont inférieures ou supérieures à ce qu'il prévoit désormais.

La date du retour dans les airs du 737 MAX reste incertaine, Boeing n'ayant toujours pas soumis aux régulateurs, pour certification, les modifications exigées. Dans son communiqué, Ryanair explique que le constructeur espère avoir présenté aux régulateurs ses modifications d'ici au mois de septembre, avec un retour au service espéré peu après.

Hormis Ryanair, d'autres compagnies clientes de cet avion sont touchées par ses déboires. Des milliers de vols ont notamment été annulés par trois grandes compagnies américaines -United Airlines, Southwest et American Airlines- qui exploitaient des 737 MAX avant leur interdiction de vol. 

F.B. avec AFP