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Roux de Bézieux (Medef) : "il faut être pro-emploi"

Geoffroy Roux de Bézieux était l'invité de BFM Business ce vendredi 13 septembre

Geoffroy Roux de Bézieux était l'invité de BFM Business ce vendredi 13 septembre - -

Geoffroy Roux de Bézieux, vice-président du Medef, était l'invité de BFM Business ce vendredi 13 septembre. Il est revenu sur l'intervention de François Hollande concernant la politique industrielle et a critiqué les projets fiscaux.

Geoffroy Roux de Bézieux est satisfait de la présentation hier, jeudi 12 septembre, des 34 projets d'avenir pour l'industrie. Le vice-président du Medef, invité sur BFM Business ce vendredi 13 septembre, a expliqué qu'il a eu deux surprises. "Tout d'abord, ce sont des gens d'entreprises qui ont parlé. On a laissé la parole aux entrepreneurs. Ensuite, plutôt que de raisonner en macro-secteurs, nous avons raisonné en termes de produits, de clients et de débouchés".

Selon lui, il y a une réelle différence entre ce qui a été fait hier jeudi et dans le passé. "Il y a une inflexion de la vision de l'Etat et de la politique industrielle".

En revanche, là où le bât blesse, c'est concernant la fiscalité. "Il y a pleins de boites avec des projets intéressants. Mais il faut que le terreau dans lequel ces entreprises sont implantées change, sinon elles resteront des micro-entreprises, des PME. Le problème français et européen c'est cela. Nous avons de très belles PME, mais nous n'arrivons pas à nous développer à cause de l'asphyxie fiscale, le coût du travail, la simplification".

"Nous avons un pays formidable"

Geoffroy Roux de Bézieux a insisté: "nous avons un pays formidable. Venir en France fait rêver. Mais si nous taxons les gens à 75% ou s'ils payent 45% de charges sociales sur leur salaire, cela les fait moins rêver".

Pour le numéro 2 du Medef, le débat est mal orienté. "Il ne s'agit pas d'être pro ou anti-business. Il faut être pro-emploi. Ce débat qui consiste à dire : 'on a pris aux ménages pour donner aux entreprises' est absurde. Il faut faire une pause fiscale, il faut que les impôts baissent pour tout le monde, pour le consommateur avec du pouvoir d'achat et les entreprises. Il faut les deux".

"A Bercy, la vie s'arrête au 31 décembre"

Mais ce qui énerve particulièrement Geoffroy Roux de Bézieux est le futur impôt sur l'excédent brut d'exploitation. Tout d'abord, parce que, selon lui, les entreprises ont besoin d'une pause fiscale. Ensuite, parce qu'il a été fait dans la précipitation. "Il risque d'y avoir un impact sectoriel très fort. Il va y avoir de grands perdants. Cela va déstabiliser des filières. Des petites entreprises pourront être gagnantes. Mais celles de tailles moyennes qui investissent beaucoup vont payer plein pot".

Il voudrait voir baisser la charge des impôts sur les entrepreneurs, " de 10 milliards sur 5 ans, donc 50 milliards d'euros". Le grand reproche que le Medef fait au gouvernement, finalement, c'est la vision court-termiste. " A Bercy, la vie s'arrête au 31 décembre. Il faut regarder sur plusieurs années".

Diane Lacaze