BFM Business

Retraites: que veulent les syndicats?

Ce mardi 10 septembre marquera la première journée de mobilisation contre la future réforme des retraites.

Ce mardi 10 septembre marquera la première journée de mobilisation contre la future réforme des retraites. - -

L'intersyndicale menée par la CGT et Force ouvrière manifeste contre le projet de réforme des retraites, ce mardi 10 septembre. D'autres syndicats ont, eux, choisi de s'abstenir. Passage en revue.

A l'appel de plusieurs syndicats, les opposants à la réforme des retraites tenteront de se faire entendre, ce mardi 10 septembre. Une journée de grèves et de manifestations qui, malgré tout, devrait être relativement peu suivie.

La CGT, Force ouvrière, FSU et Solidaires seront dans la rue tandis que la CFDT et la CFE-CGC, pour ne citer qu'eux, n'ont pas répondu à l'appel. Tous ont pourtant des revendications à faire valoir.

La CGT veut une mise à plat totale

L’organisation menée par Thierry Lepaon dénonce un projet de loi "injuste et inefficace économiquement."

Elle s’est toujours opposée à l’allongement de la durée de cotisation, parlant d’une mesure anti-jeunes (la durée de cotisation sera portée à 43 ans à l’horizon 2035).

En outre, le projet de réforme contiendrait des mesures trop favorables au patronat. La promesse faite par Pierre Moscovici au Medef, garantissant à l'organisation patronale que le coût du travail n’augmenterait pas, attise notamment les craintes d’une hausse de la CSG.

La CGT, elle, propose une mise à plat totale pour trouver d’autres sources de financement.

Force ouvrière pas contre la hausse des cotisations

Le syndicat de Jean-Claude Mailly est fermement opposé à l’allongement de la durée de cotisation. Une mesure "stupide", pour son secrétaire général, en particulier par rapport à la notion de "contrainte" qui en découle.

Pour le syndicat, il est surtout urgent d’attendre, au moins jusqu’à 2020. Pour financer le système de retraites. D’ici là, Force ouvrière n’est pas fermée à une hausse des cotisations patronales et salariales. Une hausse de la CSG n’en est pas exclue, sauf s’il s’agit de financer la pénibilité. 

La CFDT veut une compensation pour les salariés

Plutôt satisfaite lors de la présentation de la réforme par Jean-Marc Ayrault, la CFDT a revu sa position après l’annonce, par Pierre Moscovici, de la fameuse compensation en faveur du patronat. Puisque la hausse des cotisations sera compensée pour les patrons, le syndicat estime qu’il devrait en être de même pour les salariés.

Pour autant, l’organisation de Laurent Berger ne sera pas dans la rue, ce mardi car elle soutient, dans l’ensemble, la réforme qui se dessine.

La CFE-CGC veut un financement alternatif

Le syndicat des cadres n’ira pas non plus manifester, car il n’est "pas un syndicat barbecue-merguez", dixit sa présidente Carole Couvert, sur BFM Business lundi 9 septembre.

Cette dernière prône un financement via une "cotisation sociale sur la consommation".

Rien à voir avec la TVA, à l’entendre : "Nous parlons de cotisation sociale pour que les flux financiers arrivent bien dans les caisses de retraite et que nous puissions les suivre en partenaire social responsable".

Yann Duvert et Gaëtane Meslin (vidéo)