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Retour en entreprise: les salariés français veulent des bureaux individuels et rejettent le flex-office

La sanitarisation du lieu de travail a émergé comme une demande forte suite aux confinements, selon une étude menée par la chaire Essec Workplace Management.

Si les différents confinements ont mis en exergue la volonté des salariés français de continuer à télétravailler au moins partiellement, pour ceux qui retournent au bureau, la crainte est de retrouver des espaces de travail jugés peu adaptés à la situation sanitaire actuelle et future.

La sanitarisation du lieu de travail a ainsi émergé comme une demande forte, selon une étude* menée par la chaire Essec Workplace Management. 63% des salariés interrogés souhaitent travailler dans un bureau fermé individuel contre 5% en open-space.

Déjà critiqué avant la crise, le flex-office ne remporte que 4% des suffrages. Et parmi ceux qui travaillaient en flex-office avant la crise, 73% ne souhaitent pas retrouver ces conditions de travail.

73% des salariés qui étaient en flex-office avant la crise n'en veulent plus

Problème, le flex-office est une tendance forte dans les entreprises. Pourquoi maintenir le concept d'un poste de travail par salarié alors que ces derniers sont moins présents dans les murs de l'entreprise?

D'où la tentation du flex-office qui désigne l'absence de poste de travail attitré à chaque salarié. Dans la pratique, chaque collaborateur s'installe sur un poste libre en fonction des plannings de service en présentiel. De quoi dans l'absolu mettre à disposition moins de postes que le nombre effectif de salariés et donc réaliser des économies.

Selon une étude datant de mars, avant la crise, cette approche ne concernait que 16% des organisations. Désormais, 55% d'entre elles envisagent d'y passer prochainement.

Autre tendance qui émerge autour du travail hybride: le tiers-lieu, soit un espace de travail autre que le bureau ou le domicile mis en place par l'entreprise ou un tiers (co-working).

Les "tiers-lieux" plébiscités par les jeunes

Selon l'étude, les plus jeunes seraient les plus à même d’aller travailler dans des tiers lieux à 15 minutes de chez eux (84 à 86% selon les générations). Ce sont les Baby boomers qui seraient le moins séduits par le travail en tiers lieu (60%).

Ceux qui travaillent dans des grandes entreprises sont proportionnellement plus enclins (81%) à accepter d’aller travailler dans un tiers lieu à 15 minutes de chez eux, que ceux qui travaillent dans des TPE (70%).

Cette solution est néanmoins davantage plébiscitée à Paris avec 82% des salariés enclins à se rendre dans un tiers lieu contre 70% des salariés en milieu rural. Ce qui semble assez logique, ces lieux étant pour le moment présents essentiellement dans les grandes villes.

*: étude réalisée du 21 au 30 avril 2021 auprès de 1868 employés de bureau en France.

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business