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Pour Montebourg, Titan veut toujours investir chez Goodyear

Arnaud Montebourg appelle les protagonistes du dossier "à mettre de l'eau dans leur vin".

Arnaud Montebourg appelle les protagonistes du dossier "à mettre de l'eau dans leur vin". - -

Le ministre du Redressement productif, dans un entretien au Courrier Picard de ce lundi 13 janvier, appelle les acteurs du dossier Goodyear Amiens-Nord à aller "l'un vers l'autre". Il confirme que Titan veut toujours investir sur le site.

Alors que le conflit entre la CGT et la direction s'enlise sur le site de Goodyear Amiens-Nord, Arnaud Montebourg appelle au calme. Dans un entretien au Courrier Picard de ce lundi 13 janvier, le ministre du Redressement productif lance "un appel aux parties belligérantes. Goodyear, CGT, maintenant ça suffit, faites un effort et allez l'un vers l'autre".

"La République, c'est la compréhension mutuelle ; ce ne sont, ni les insultes, ni la violence, que nous ferons cesser immédiatement si cela se reproduit", ajoute-t-il. "On ne trouve pas un investisseur en pratiquant la terre brûlée."

La CGT doit faire un effort

Il invite les deux parties à "mettre de l'eau dans (leur) vin", Goodyear à faire un effort financier et la CGT à arrêter de bloquer l'arrivée du groupe américain Titan, toujours prêt, selon lui, à investir à Amiens-Nord.

Arnaud Montebourg confie en avoir eu l'assurance par le patron de Titan, Maurice Taylor, avec qui il a pourtant échangé il y a quelques mois des courriers acerbes. "Je l'ai eu au téléphone ces derniers jours, après la libération des cadres de Goodyear. Il m'a confirmé sa volonté d'investir à Amiens-Nord", affirme le ministre.

"Il m'a dit qu'il maintenait la totalité de son projet : 40 millions (d'euros) d'investissements sur quatre ans, l'embauche de 330 salariés", ajoute le ministre.

Titan demande l'arrêt du conflit

La seule condition posée par Maurice Taylor est que le conflit entre la CGT et Goodyear soit "soldé", précise-t-il. "Parce qu'il ne veut pas payer les conséquences des choix de Goodyear et de la lutte sociale."

"Nous avons la chance d'avoir une entreprise qui veut réinvestir sur Amiens malgré un contexte très tendu et une conflictualité hors norme, que je déplore", fait valoir Arnaud Montebourg. Il estime que le syndicalisme ne doit pas conduire à porter atteinte aux personnes, une attitude qui produit selon lui des dégâts "considérables" sur l'image de la France. "Le gouvernement souhaite que le conflit s'arrête", insiste le ministre du Redressement productif.

La semaine dernière, le ton entre la CGT et la direction est monté d'un cran, après que les salariés ont séquestré pendant plus de trente heures deux cadres. Goodyear a depuis porté plainte.

J.M. avec Reuters