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Loi Travail: la CFE-CGC demande à "ouvrir le champ des négociations"

François Hommeril succède à Carole Couvert à la présidence de la CFE-CGC.

François Hommeril succède à Carole Couvert à la présidence de la CFE-CGC. - BFM Business

"Le syndicat espère une mise en pause du processus parlementaire concernant la loi Travail. Son président a rendez-vous avec Myriam El Khomri vendredi."

La CFE-CGC demande la mise en pause de la procédure parlementaire concernant le projet de loi El Khomri, qui va être discuté par les sénateurs puis reviendra à l’Assemblée nationale en juillet. Le syndicat aimerait "ouvrir un champ de débat et de discussions" a expliqué François Hommeril ce mercredi matin sur BFM Business. Le nouveau président de la CFE-CGC était l’invité de Stéphane Soumier. Il succède à Carole Couvert et a rendez-vous vendredi avec la ministre du Travail Myriam El Khomri.

Une telle suspension du processus parlementaire "pourrait permettre à chacun des intervenants dans ce débat de trouver une position de sortie", estime François Hommeril. Le président de la CFE-CGC insiste: "Il s’agit d’ouvrir le champ des négociations, qui n’a jamais été ouvert, sur les sujets les plus structurants de la loi El Khomri".

La porte ouverte au "dumping social"

Le syndicat qu’il préside s’oppose à l’article 2 de ce projet de loi, qui inverse la hiérarchie des normes sociales, donnant la primeur aux négociations dans les entreprises. Ce que certains, dont le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger, interprètent comme un manque de confiance dans la capacité de négociation des représentants syndicaux au sein des entreprises. Sur ce point, François Hommeril se défend : "On n’a absolument pas peur de nos militants dans les entreprises. On n’a aucun problème de confiance sur la négociation dans les entreprises. (…) Le problème n’est pas celui-là, au sujet de l’inversion de la norme sociale, le problème est la porte grande ouverte sur le dumping social", s’est-il exclamé.

Lui prône une priorité aux négociations par branche. "Nous ne sanctifions pas en tant que telle la branche, mais c’est le lieu de la construction sociale la plus efficace et la plus proche du terrain. En inversant la hiérarchie des normes, on crée des conditions propres à déstructurer cette construction et à générer de la concurrence déloyale. C’est cela qui est inquiétant", considère ce représentant syndical.

A.R.