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Les syndicats routiers "effarés" après leur rencontre avec le patronat

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- - MYCHELE DANIAU - AFP

Les représentants des routiers ont appris "avec stupeur" que les ordonnances impactaient certaines de leurs indemnités, lors de leur rencontre au ministère des Transports avec le patronat. Les syndicats CFDT et CFTC du transport routier ont confirmé vendredi leur appel à la grève le 10 octobre.

Les syndicats sont sortis "effarés" jeudi soir d'une réunion avec la ministre des Transports et les fédérations patronales, avec lesquelles les discussions ont été "très tendues", notamment sur l'application de la réforme du travail par ordonnances. Les syndicats CFDT et CFTC du transport routier ont d'ailleurs confirmé vendredi leur appel à la grève le 10 octobre.

Les syndicats (CFDT, CGT, FO, CFTC, CFE-CGC) n'ont "rien obtenu de concret" et, pire, ont appris "avec stupeur que les ordonnances venaient impacter les frais de route", ce qui représente un "coup de tonnerre" pour la profession, selon Jérôme Vérité (CGT), qui s'est dit "effaré" à la sortie du ministère.

Ces indemnités (repas, frais de découcher) peuvent représenter jusqu'à "1.000 euros par mois sur la fiche de paie pour un conducteur zone longue", a expliqué FO évoquant de son côté entre "600 et 1.200 euros par mois" selon le type de mission.

"Le patronat ne veut rien lâcher"

Les ordonnances permettent la remise en cause, entreprise par entreprise, de "toutes les primes" qui jusqu'à présent étaient garanties par les conventions collectives, c'est-à-dire les frais de route, primes d'ancienneté ou encore le 13e mois dans le transport routier de voyageurs, a indiqué à l'AFP Christian Cottaz pour la CFDT.

Les syndicats ont demandé à ce que les primes soient sanctuarisées, mais "le patronat ne veut rien lâcher", selon Patrice Clos de FO. "Très énervée", la CFDT a claqué la porte au cours de la réunion qui a duré 5 heures, décrivant des "discussions très tendues avec un patronat qui ne veut lâcher absolument rien".

Une nouvelle rencontre est prévue le 4 octobre entre syndicats et fédérations patronales, qui ont quitté le ministère vers 21H00 sans commentaire. La rencontre pourra servir à "évoquer les éléments liés à la rémunération, sur lesquels il y a des inquiétudes, sur la question de l'ancienneté notamment", a déclaré plus tard à l'AFP Jean-Marc Rivera de l'OTRE.

D'ici là, la CGT va faire "le tour des troupes" pour décider des suites à donner au mouvement reconductible qu'elle a lancé lundi avec FO, selon son représentant qui imagine "remettre un grand coup dès la semaine prochaine". FO "n'appelle pas à lever la grève" en cours, a indiqué pour sa part Patrice Clos. De leur côté, CFDT et CFTC laissent planer la menace d'une grève à partir du 10 octobre.

N.G. avec AFP