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Grève des routiers: le mouvement reconduit mardi

La grève des routiers contre la réforme du code du travail a donné lieu à quelques dizaines de manifestations et blocages, vite levés toutefois par l'intervention des forces de l'ordre. La CGT appelle à la reconduction des actions pour "amplifier" le mouvement.

Les blocages, soutenus par FO et la CGT, des accès aux raffineries et les opérations escargot, ce lundi 25 septembre, ont été souvent contrés par les forces de l'ordre même si des poches de résistance ont persisté.

À Coignières (Yvelines), Vatry (Marne), Bassens (Gironde) et La Mède (Bouches-du-Rhône), les blocages de dépôts ont été levés à la mi-journée, selon le ministère des Transports, qui évoquait lundi après-midi un approvisionnement "normal" des stations-service et "la quasi-totalité" des dépôts de carburants "libres d'accès".

La présence policière a notamment mis en échec des tentatives de blocage à Lorient, Valenciennes et près de Rennes. Aux abords de la raffinerie de Donges (Loire-Atlantique), près de Saint-Nazaire, les gendarmes étaient "déjà en place" à l'arrivée des grévistes à l'aube, d'après FO.

Néanmoins, des blocages se sont poursuivis jusque dans l'après-midi au terminal pétrolier de La Rochelle et au dépôt de Rubis au Grand-Quevilly, près de Rouen, un site stratégique pour une partie de la région Ouest où le blocage a été levé vers 16h30 à la demande des forces de l'ordre.

La CGT-Transports appelle à la reconduction

"Le gouvernement choisit la matraque plutôt que le dialogue", a regretté le numéro un de la CGT-Transports, Jérôme Vérité. "On restera le temps qu'il faut jusqu'à ce que Macron retire ses ordonnances purement et simplement", a renchéri Fabien Dautan, délégué CGT-Transports en Gironde.

Pour Patrick Noszkowicz, secrétaire fédéral CGT Transports, interrogé sur l'antenne de BFMTV, il est nécessaire de "continuer la lutte" afin d'"amplifier le mouvement". "On n’admet pas cette régression sociale", a ajouté ce dernier.

"Quand vous avez une telle force de police, on peut aussi supposer que ça peut intimider des salariés qui, s’ils ne sont pas sortis aujourd’hui, demain voudront sortir. On a fait un appel, et on l’assume pleinement. Et donc, effectivement, le mouvement est reconduit. C’est la volonté qu’on a, c’est-à-dire renforcer et amplifier le mouvement dans les transports et au-delà, pour faire des convergences. La délégation CGT sera effectivement au ministère des Transports et malgré tout, on va continuer la lutte parce qu'effectivement, pour l’instant, on n’admet pas cette régression sociale" a ajouté le secrétaire fédéral de CGT-Transports.

La ministre invite à réunir patronat et syndicats dès jeudi

Opposés à la réforme du droit du travail, les chauffeurs s'inquiètent de la possibilité de négocier dans l'entreprise des éléments de rémunération (13e mois, prime d'ancienneté...), jusque-là fixés par la branche professionnelle.

"Aucun accord d'entreprise ne pourra être moins-disant que la convention collective. Affirmer le contraire est un mensonge et une manipulation", a répliqué la fédération patronale OTRE. Les organisations FNTR et TLF ont de leur côté dénoncé "un mouvement politique".

Le blocage ce n'est pas une méthode, la bonne méthode, c'est le dialogue", avait déclaré en milieu d'après-midi sur BFMTV la ministre des Transports Elisabeth Borne, invitant les syndicats des transports routiers et les organisations patronales à une réunion jeudi à son ministère.

Il s'agira notamment de discuter des moyens de lutter contre "le dumping social et la concurrence déloyale" alors que la directive européenne sur le détachement est en cours de révision, a-t-elle indiqué, répétant que "les routiers n'ont pas de raison de s'inquiéter des ordonnances Travail, qui ne modifient pas leur temps de travail (...), pas leur rémunération".

F.B avec AFP