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Grève des routiers: les syndicats tentent de "maintenir la pression"

Les routiers maintiennent la pression.

Les routiers maintiennent la pression. - François Lo Presti - AFP

Le ministère des Transports a reçu l'ensemble des syndicats du transport routier ce mardi 26 septembre et leur a promis des réponses. Les routiers veulent maintenir la pression d'ici là. Mais les journées d'action ne se déroulent pas comme les organisations syndicales l'escomptaient.

Le ministère des Transports a "promis" mardi "des réponses" aux syndicats routiers qui s'inquiètent de la réforme du code du travail, d'après la CGT. L'ensemble des syndicats du transport routier (CFDT, CGT, FO, CFTC, CFE-CGC) ont été reçus pendant deux heures mardi par des représentants du ministère, au deuxième jour d'une grève de la CGT et FO.

"On nous a promis des réponses, on va les attendre en maintenant la pression" d'ici jeudi et la concertation entre syndicats, patronat et gouvernement, a déclaré à l'AFP Jérôme Vérité, numéro un de la CGT-Transports, à la sortie du ministère. Interrogé sur la poursuite du mouvement, le syndicaliste a indiqué qu'une décision serait prise "ce soir" en fonction des remontées exprimées "sur le terrain" par les grévistes. Mais "je ne vois pas pourquoi on lèverait la pression", a-t-il ajouté.

La CFDT-Route, premier syndicat du transport routier, a prévenu qu'elle lancerait un "mouvement" de grève à partir du 10 octobre si ses craintes ne sont pas levées sur la réforme du code du travail. Le 10 octobre est aussi le jour d'un appel à la grève lancé par l'ensemble des syndicats de la fonction publique.

Néanmoins, tout ne se passe pas comme prévu. Au deuxième jour d'un mouvement reconductible, les grévistes ont mené des opérations dans les régions Nord, Bretagne, Normandie, Auvergne, Loire-Atlantique et PACA, mais sans action notable en Ile-de-France, selon un recensement de l'AFP. Mais certaines d'entre elles ont rapidement été levées à la suite de l'intervention des forces de l'ordre, comme à Rouen et à Rennes, suscitant la réprobation des fédérations CGT et FO à l'origine de la grève. "La répression est très forte", a commenté Patrice Clos, numéro un de FO-Transports. La veille, déjà, les grévistes avaient dénoncé des "intimidations" et une "atteinte au droit de grève" inédite "depuis 2002".

Ce mardi après-midi, "la totalité des dépôts de carburants sont libres d'accès" et "l'approvisionnement des stations-service continue d'être assuré normalement", a indiqué le ministère des Transports à l'AFP. Le barrage filtrant mis en place sur l'A26 au péage de Saint-Omer (Pas-de-Calais), dernière action d'envergure avec "650 camions" immobilisés selon la CGT, a pris fin en milieu d'après-midi, d'après la préfecture.

Une "manipulation du patronat"

Ce mardi, les discussions ont porté sur les ordonnances réformant le code du travail et sur la directive européenne sur le travail détaché, actuellement en cours de révision. "Le point d'entrée (des négociations), c'est de régler la question autour des ordonnances", a insisté Jérôme Vérité.

Les syndicats redoutent notamment que des annexes de rémunération, fixées au niveau de la branche professionnelle, ne soient remises en cause par des accords d'entreprise, une interprétation des ordonnances que contestent les organisations patronales. "Sur cette attaque de la fiche de paye, les cinq organisations syndicales disent la même chose" et attendent "des réponses", a expliqué Jérôme Vérité, dénonçant une "manipulation du patronat" en matière de communication.

D'après lui, un accord d'entreprise pourrait remettre en cause les "primes d'ancienneté, de samedi et de panier" notamment, ainsi que le "13e mois" dans le transport routier de voyageurs. À l'inverse, la fédération patronale OTRE assure que "la convention collective ne prévoit pas de primes d'ancienneté mais des majorations d'ancienneté applicables aux taux horaires des minima conventionnels", lesquels ne peuvent être contournés.

Mardi, les syndicats "ont montré au gouvernement des fiches de paye" sur lesquelles figurent bien le terme de "prime d'ancienneté", explique à l'AFP Thierry Douine, président de la CFTC-Transport. Le gouvernement a compris l'enjeu et doit désormais "faire le job" en permettant au transport routier de "déroger" aux ordonnances, selon lui. Dans le cas contraire, les fédérations CFDT et CFTC pourraient elles aussi entrer prochainement dans l'action, assure-t-il.

D. L. avec AFP