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Le véritable bilan des intempéries

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Pour le BTP, les transports routiers et aériens ou encore l'agriculture, la vague de froid a entraîné un manque à gagner. En revanche c'est une aubaine pour EDF ou les carrossiers.

Evidemment, les automobilistes sont en colère. "Les épisodes neigeux ne sont plus des cas isolés. Ils sont récurrents depuis plusieurs années. Est-il acceptable que des automobilistes passent la nuit dans une voiture bloquée sur les routes alors que les alertes de Météo France ont été lancées depuis plusieurs jours ?", déclare Pierre Chasseray, Délégué Général de "40 millions d'automobilistes".

"On nous objectera le coût de l'équipement de ces mesures préventives. Mais quel sera le coût économique réel de ces journées perdues dans des régions entières victimes de la paralysie ?", conclut Daniel Quéro, Président de "40 millions d'automobilistes".

Bonne question! Evidemment, plus la vague de froid est courte, plus son effet est limité, ce qui ne doit pas cacher la multitude de micro impacts sur l’activité économique. Car il faut le rappeler : 70% des entreprises et 25% du PIB au total sont impactés par les conditions météorologiques.

Premier cas de figure:

> Les conditions météo exceptionnelles modifient les comportements des consommateurs sans avoir d’effet sur le niveau de leurs dépenses. Si on en croit les données prévisionnelles fournies par Metnext, société spécialisée sur la "météo-sensibilité", la vague de froid va par exemple provoquer une augmentation des ventes de potages de 20% à 25% cette semaine, au détriment sans doute de la charcuterie et des crudités.

Deuxième cas de figure:

> Les conditions météo reportent de l’activité de quelques semaines, mais sans trop de pertes. C’est le cas dans le BTP. Les chantiers sont arretés, mais les bâtiments seront bien construits. Il y aura tout de même des pénalités de retard, qui lors de la précédente vague de froid en décembre 2010 avait coûté 150 millions d’euros. La paralysie du transport routier peut par exemple provoquer des ruptures d’approvisionnement sur certaines pièces.

Troisième cas de figure:

>Les secteurs qui perdent vraiment, ceux pour qui l’activité perdue ne se rattrape pas. Les transports en général, le scolaire en particulier. Sur les routes, la facture pourrait atteindre 150 millions d’euros pour trois jours, et 70 millions dans le ciel pour Air France en cas d’annulation de vols. C’est aussi le cas de l’agriculture (légumes gelés dans le sol et impossible à cueillir), ou des restaurants et lieux de spectacles desertés…

Heureusement, il y a le quatrième cas de figure:

> Les secteurs à qui ces conditions météo extrêmes profitent : les carrossiers qui vont réparer les voitures cabossées, les garagistes qui vendent des antigels ou des batteries, les plombiers qui réparent les tuyaux gelés.

N’oublions pas enfin EDF : la vague de froid va se traduire par une poussée de la production d’électricité, effet qui en général compense en grande partie tous les effets négatifs dans ce genre de situation, qui pourraient avoisiner 500 à 1 milliard d’euros au total.

Reste la bourse. A partir d'un travail portant sur 26 pays au cours de la période 1982-97, des chercheurs américains ont mis en évidence un effet significatif du degré d'ensoleillement sur la performance du marché actions. Par exemple, à New York, le rendement moyen annualisé lors des jours parfaitement ensoleillés vaut 24,8% quand celui des jours les plus nuageux vaut 8,7% !

Emmanuel Lechypre (texte) et Mariam Pirzadeh et François Pitrel et Nastasia Tepenag (vidéo)