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Le Medef a "pris la main tendue" par le gouvernement

Pierre Gattaz, le président du Medef, est prêt à jouer le jeu du "pacte de responsabilité" proposé par François Hollande.

Pierre Gattaz, le président du Medef, est prêt à jouer le jeu du "pacte de responsabilité" proposé par François Hollande. - -

Le Medef a lancé, ce lundi 13 janvier, sa campagne "un million d'emplois". En attendant les précisions de François Hollande sur le fameux "pacte de responsabilité" proposé aux entreprises, mardi lors de sa conférence de presse.

Assiste-t-on à un début de lune de miel entre le Medef et le gouvernement? Du côté de l'organisation patronale, en tout cas, l'ambiance est au beau fixe. En lançant sa campagne "un million d'emplois", ce lundi 13 janvier, l'organisation patronale a ainsi salué "la main tendue" par François Hollande, via le "pacte de responsabilité" que le chef de l'Etat a récemment proposé aux entreprises.

Malgré tout, Pierre Gattaz a fait savoir qu'il attendait les précisions du président français, mardi lors de sa conférence de presse. "J'attends demain une confirmation du cap. Nous avons pris la main tendue", a en effet déclaré le président du Medef, venu à Marcq-en-Baroeuil (Nord) lancer cet objectif de création d'un million d'emplois en cinq ans, devant 1.500 chefs d'entreprises. Un objectif avec, pour contrepartie, la baisse des charges des entreprises à hauteur de 100 milliards d'euros.

Le Medef réclame "des mesures concrètes dès 2014"

François Hollande avait en effet annoncé, le 31 décembre dernier, qu'il proposait aux entreprises un "pacte de responsabilité" fondé sur "un principe simple: moins de charges sur le travail, moins de contraintes sur leurs activités et, en même temps, une contrepartie, plus d'embauches et plus de dialogue social". Mais sans rentrer dans le détail. Le Medef, ravi de cette annonce, attend maintenant des "mesures concrètes dès 2014".

Interrogé sur la plus urgente, Pierre Gattaz a cité le tranfert des cotisations de la branche famille de la Sécurité sociale afin d'en délester les entreprises, dont la part est de 35 milliards d'euros.

Il a également réitéré sa demande d'allègement global des cotisations sociales des entreprises de 50 milliards d'euros, associé à des baisses d'impôts de la même envergure. Pour la partie sociale, "nous avons demandé 50 milliards, il reste 30 milliards" en soustrayant le CICE, le crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi, qui doit faire revenir 20 milliards d'euros dans les caisses des entreprises.

Le gouvernement satisfait de l'attitude du patronat

"Les 50 autres milliards sont à trouver dans la fiscalité", a enchaîné le patron des patrons, suggérant une baisse de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE) et appelant à la baisse de la dépense publique.

"Nous risquons de rater le train de la croissance", a-t-il averti, rappelant que les marges des sociétés françaises étaient parmi les plus basses, "de 28% contre une moyenne de 40% en Europe".

Mais le Medef, a déclaré Pierre Gattaz, "alimentera les chantiers du président de la République par des cas extrêmement concrets". L'organisation patronale compte étudier "par filières" et "transversalement" les emplois à créer et mener une campagne de promotion des métiers qui sont souvent non pourvus dans l'Hexagone, tels que fondeurs, cuisiniers ou bouchers.

Une analyse dont se félicite le gouvernement. "On regarde ça d'un bon oeil, il nous semble en effet que M. Gattaz est revenu à des sentiments plus constructifs, qu'il est prêt à s'inscrire dans une démarche de compromis", observe une source gouvernementale, citée par l'AFP.

Y. D avec AFP