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L'absentéisme au travail coûte 108 milliards d'euros par an

La moyenne est de 10,1 jours d'absence dans le privé et  de  17,8 jours d'absence dans le public.

La moyenne est de 10,1 jours d'absence dans le privé et de 17,8 jours d'absence dans le public. - g. Yanakiev - CC

Pour parvenir à ce chiffre, l'Institut Sapiens a additionné les salaires versés aux absents, le temps passé par les équipes pour corriger les dysfonctionnements liés aux absences et l’achat de prestations non prévues. C'est la dégradation des conditions de travail qui pèse le plus dans l'augmentation des absences.

L'absentéisme fait des ravages dans les entreprises. L'Institut Sapiens, un Think Tank libéral, vient d'en dévoiler dans le Parisien le coût dans l'Hexagone: 107,9 milliards d'euros par an. Soit l'équivalent du budget de l'Education nationale. Pour parvenir à établir ce chiffre, les auteurs de l'étude ont pris en compte les salaires versés aux salariés absents, le temps passé par les équipes pour compenser cette absence ainsi que l'achat de services externes non prévu. L'institut Sapiens a ainsi calculé le coût moyen de l'absentéisme: 4059 euros par an et par salarié.

Un coût grandissant, car ce phénomène est en progression. Il atteint 4,72% dans le privé (soit 10,1 jours d'absence en moyenne) et 8,34% dans le public (soit 17,8 jours d'absence en moyenne).

Deux tiers des absences sont évitables

Parmi ces absences, un tiers ont des motifs difficilement évitables: maladies, accidents du travail ou maternité. Les Français seraient-ils donc des fainéants qui se font porter pâles quand ils ont envie de faire la grasse matinée? Pas du tout, le profil du salarié oisif " est une exception dans le monde du travail", relèvent les auteurs de l'étude.

Selon eux, les deux tiers des absences sont évitables, car elles sont liées à la vie privée, à des raisons psychologiques (comme le burn out) ou encore physique, comme les troubles musculosquelletiques.

Renouer le dialogue

Elles s'expliquent dans "99% des cas par des conditions de travail dégradées" pointe du doigt l'Institut Sapiens. Mais aussi par "une organisation du travail défaillante", et surtout " des défauts de management de proximité", centré sur une conception d'un "autre âge de l'organisation et des rapports au travail".

Laurent Cappelletti, coauteur de l'étude s'inquiète dans le quotidien "d'une perte croissante de sens des salariés vis-à-vis de leur travail et d'un manque de considération" ainsi qu'une organisation du travail qui reste très "procédurale". Il est essentiel pour lui de créer un dialogue régulier entre encadrants et salariés pour aborder les sujets clés. "La réduction de l'absentéisme ne peut passer que par ce travail très fin, au plus près des situations de chacun dans l'entreprise", recommande-t-il.

C.C.