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Exclusif BFM Business: les grandes entreprises pas prêtes à embaucher

Les grandes entreprises françaises ne sont pas encore en phase de recrutements

Les grandes entreprises françaises ne sont pas encore en phase de recrutements - -

Le 7eme Baromètre des grandes entreprises françaises réalisé par l'Observatoire BFM Business et Europroup consulting publié ce 20 janvier montre une grande prudence et de la déception face à la reprise. Les groupes sont encore préoccupés par la réduction de leurs coûts.

"Resistance": tel est le mot qui pourrait résumer l’état d’esprit des dirigeants des 100 principales entreprises françaises en ce début 2014, tel qu’il ressort de la septième édition du Baromètre des grandes entreprises françaises, réalisé par l’Observatoire BFM Business et Eurogroup Consulting (voir ci-dessous).

"Résistance" en matière d’activité d’abord : sans surprise, c’est toujours l’international qui gonfle les carnets de commandes, mais moins qu’en 2013. L’écart entre optimistes et pessimistes reste élevé, 61,4%, mais s’avère moins favorable qu’en 2013 (plus de 70%).

Quant à la France, elle suscite des espoirs de rebond nettement inférieurs à ceux enregistrés il y a un an : quasiment la moitié des dirigeants d’entreprise anticipe une stagnation de leur activité dans l’hexagone en 2014, 32% s’attendent à une hausse, mais 20% à une baisse. Hormis la plongée au moment de la crise des dettes souveraines en Europe, jamais le climat des affaires n’a été aussi maussade pour le territoire français.

"Résistance" aussi pour maintenir la rentabilité aussi, rentabilité qui ne suit pas : elle devrait certes continuer à s’améliorer à l’étranger, mais l’érosion devrait se poursuivre en France. 25% seulement des patrons anticipent une amélioration, tandis que presque 30% d’entre eux redoutent une nouvelle dégradation.

C’est le pire résultat jamais enregistré dans notre enquête : l’écart de rentabilité avec l’étranger n’a lui aussi jamais été si grand. Une tendance qui reflète bien la gestion « à la française » de la crise : comme l’ajustement ne s’est fait ni par les salaires comme en Espagne, ni par les effectifs (le chômage a moins augmenté que dans le reste de l’Europe en moyenne), c’est la rentabilité qui a trinqué.

Priorité à la réduction des coûts

Dès lors, dans ce contexte de marges de manœuvre limitées, l’effort portera d’abord, en France, sur le maintien de l’effort d’équipement, qui ne devrait quasiment plus baisser (environ un tiers des patrons anticipent une hausse, un tiers une stagnation, un tiers une baisse).

Cet effort se fera au détriment des effectifs : près de 40% des sociétés comptent encore dégraisser, alors que moins de 30% comptent renforcer leurs effectifs. il n’y a donc pas d’amélioration à attendre sur le front du chômage. Le stabiliser sera déjà une belle performance.

L’obsession numéro 1 des dirigeants des grandes entreprises françaises en 2014 sera donc sans surprise la réduction de coûts de production trop élevés, comme l’an dernier, et les gains de productivité. Mais pas par la délocalisation, qui n’est plus un sujet : transférer la production à l’étranger n’est pas prioritaire pour 94% des sociétés interrogées !

Politique économique : après les discours, à quand les actes ?

Voilà pour le tableau de bord de la marche des affaires. Quels sont les mauvaises nouvelles qui pourraient perturber sa trajectoire ? La plus grosse crainte des patrons est la poursuite de la faiblesse de l’activité, devant l’alourdissement des contraintes sociales et fiscales et la détérioration du climat social en France. L’an dernier, les contraintes sociales et fiscales étaient clairement la première inquiétude.

C’est un message clair envoyé au gouvernement : la direction sociale libérale prise par le Président de la république rassure un peu les patrons, qui disent maintenant « chiche ». c’est dans les « business plans » pour 2015, 2014 semblant déjà joué, que se liera la confiance dans les réformes ou non.

Les enjeux internationaux reculent : ni le taux de change euro/dollar, ni le coût des matières premières ne paraissent des inquiétudes majeures : elles ne figurent même plus dans le top 5, contrairement à l'année dernière.

publié par BFMBusiness

Emmanuel Lechypre