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Didier Migaud dénonce les "abus" du régime des intermittents du spectacle

Le premier président de la Cour des comptes appelle le gouvernement à respecter les négociations entre partenaires sociaux.

Le premier président de la Cour des comptes appelle le gouvernement à respecter les négociations entre partenaires sociaux. - -

Le premier président de la Cour des comptes a réaffirmé ce jeudi 12 juin sur Europe 1 que le statut des intermittents du spectacle était "perméable aux abus", et que sa réforme était nécessaire.

Didier Migaud persiste et signe. L'institution qu'il dirige, la Cour des comptes dénonce régulièrement le statut privilégié des intermittents. Ce 12 juin, il a martelé que la réforme de leur régime de chômage, issu de l'accord entre partenaire sociaux sur une nouvelle convention Unédic qui doit entrer en vigueur le 1er juillet, est nécessaire.

La Cour a estimé dans un rapport récent que le système d'indemnisation des intermittents coûte un milliard d'euros par an aux finances publiques. Un chiffre contesté. "Le milliard, c'est l'écart entre les cotisations perçues par les intéressés et ce qui est distribué. Il est incontestable", a assuré Didier Migaud sur Europe 1.

Un régime plus favorable que les autres précaires

"La question qui est posée, c'est le bon niveau de solidarité interprofessionnelle. Mais ce que nous pouvons constater, c'est que le régime des intermittents du spectacle est plus favorable que celui qui s'applique aux intermittents hors spectacle, et qu'il est très perméable aux abus, aux fraudes", a-t-il continué.

Comme le Medef, qui craint un recul du gouvernement sur ce sujet, le président de l'institution de la rue Cambon a appelé à "respecter les négociations entre partenaires sociaux". Il a redit qu'"un certain nombre de réformes est nécessaire pour notre pays. Ces conflits […] illustrent les rigidités de notre société."

N.G.