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Crimée: les salariés de STX, dommage collatéral du Mistral?

La France envisage d'annuler la vente de deux Mistral à la Russie, ce qui pourrait pénaliser les salariés qui les construisent.

La France envisage d'annuler la vente de deux Mistral à la Russie, ce qui pourrait pénaliser les salariés qui les construisent. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Laurent Fabius a annoncé la possibilité d'annuler une vente de navires Mistral à la Russie, en raison des agissements de cette dernière en Crimée. Mais les salariés chargés de leur construction s'inquiètent des conséquences.

Dans la crise qui oppose la Russie et les pays occidentaux à propos de la Crimée, la France a décidé de brandir l'arme économique. Lundi, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a évoqué la possibilité d'annuler une vente de navires Mistral à la Russie.

Mais cette décision inquiète les salariés de STX France, où les navires sont construits. Ils espèrent que la politique étrangère française ne se fera pas à leurs dépends, ont indiqué mardi les syndicats de l'entreprise.

L'Etat doit "prendre ses dispositions"

"Si tout ça se confirme il ne faut pas que ce soit les salariés qui soient la variable d'ajustement, les salariés ne sont pas responsables", a réagi auprès de l'AFP Joël Cadoret de la CGT.

Même réaction du côté de FO: "On se retourne vers l'État. C'est à lui de prendre ses dispositions pour que ces commandes ne restent pas sur les bras de l'entreprise et que les salariés ne subissent pas les décisions du gouvernement", a estimé Jean-Marc Perez. "Il ne doit y avoir en aucun cas des conséquences sur l'emploi des salariés."

Un contrat d'un milliard d'euros

En 2011, la France a signé avec Moscou la vente de deux navires de projection et de commandement (BPC) de type Mistral, pour plus d'un milliard d'euros.

L'option militaire exclue, les Occidentaux comptent sur l'impact d'un isolement international croissant de la Russie. Ils se réservent la possibilité d'imposer des sanctions économiques et commerciales susceptibles d'avoir de graves conséquences car les États-Unis et l'Union européenne comptent parmi les trois principaux partenaires de Moscou.

M. K. avec AFP