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Chômage: pourquoi la France va avoir du mal à repasser sous les 9%

"Les gens vous disent que (...) le taux de chômage structurel en 
France est de 9%, c'est ça le scandale", s'est insurgé Emmanuel Macron mardi.

"Les gens vous disent que (...) le taux de chômage structurel en France est de 9%, c'est ça le scandale", s'est insurgé Emmanuel Macron mardi. - Philippe Huguen / AFP

Devant l'Association de la presse présidentielle mardi, Emmanuel Macron a estimé que la croissance économique ne permettra pas à elle seule de réduire le chômage en deçà de 9%. Il est impératif, selon lui, d'améliorer le niveau de qualification des Français.

La ministre du Travail, Muriel Pénicaud l'a assuré sur LCI lundi : la baisse du chômage "va se faire sentir vers la fin de l'année et surtout en 2019" et l'effet sera "durable", promet-elle. L'objectif du gouvernement est de faire tomber le taux de chômage à 7% d'ici la fin du quinquennat. Une situation que la France n'a plus connu depuis 1983.

Selon les derniers chiffres de l'Insee, le taux de chômage est de 9,3% au troisième trimestre 2017, mais peut-il descendre beaucoup plus bas? La tâche risque de s'annoncer plus difficile que prévu. Devant l'Association de la presse présidentielle mardi, Emmanuel Macron s'est inquiété du niveau de chômage structurel, niveau à partir duquel la croissance économique ne permet plus de faire baisser le chômage. En France, il s'élève à 9%, "c'est ça le scandale", a lancé le chef de l'État.

"2 millions de chômeurs ont des problèmes de qualification"

Les plans sociaux "ne sont pas inquiétants quand ils traduisent des ajustements" économiques, autrement dit des aspects de court terme, a déclaré Emmanuel Macron. "Le plus inquiétant aujourd'hui dans notre économie, c'est la dégradation du niveau de qualification."

La France compte plus d'adultes ayant de faibles compétences élémentaires (lecture, écriture, calcul...) que la moyenne des pays de l'OCDE. Idem pour le nombre de jeunes déscolarisés et sans emploi.

Dans son rapport sur la France publié en septembre, l'organisation internationale a indiqué que "trop de citoyens peu qualifiés sont exclus du marché du travail". D'après le chef de l'État, près de "deux millions de chômeurs ont des problèmes de qualification".

Des réformes structurelles

Pour résoudre le problème, l'OCDE a recommandé à la France de revoir son système de formation et d'améliorer l'apprentissage en particulier dans les lycées professionnels. Cela tombe bien, "le nouveau gouvernement a été élu sur un programme de réformes structurelles visant à remédier à ces faiblesses", lit-on dans l'étude de l'organisation internationale. Emmanuel Macron a d'ailleurs rappelé mardi les efforts de l'exécutif pour développer la formation, avec un investissement de 15 milliards d'euros sur le quinquennat.

Cela ne sera peut-être pas suffisant. L'OCDE a également suggéré d'investir dans les quartiers défavorisés, où la probabilité de chômage chez les jeunes est deux fois plus forte que dans les communes voisines. Pour cela, il va également falloir s'attaquer à la question des inégalités à l'école. Les classements internationaux épinglent fréquemment la France, qui a tendance à très bien former une élite et à délaisser les autres.

Mais tout ceci prend du temps. Il faudra attendre une génération au moins pour que les résultats des réformes du gouvernement montrent leurs effets. De quoi repousser d'autant l'objectif de 7% de chômeurs d'ici la fin du quinquennat?

J.-C.C.