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Chômage: indemniser les démissionnaires va coûter cher

78.000 salariés en CDI ont aujourd'hui un projet professionnel "bien avancé", selon une enquête de l'Unédic.

78.000 salariés en CDI ont aujourd'hui un projet professionnel "bien avancé", selon une enquête de l'Unédic. - Joel Saget - AFP

Selon l'Unédic, accorder une indemnisation aux salariés qui démissionnent pour concrétiser un projet professionnel coûterait entre 140 et 680 millions d'euros, par an, en rythme de croisière.

La future indemnisation chômage des démissionnaires pourrait coûter, selon les critères retenus, entre 140 à 680 millions d'euros, selon des chiffrages transmis mardi aux partenaires sociaux, dont l'AFP a obtenu copie.

Négociateurs syndicaux et patronaux planchent en effet, à la demande du gouvernement, sur une extension de l'indemnisation chômage aux salariés qui démissionnent pour concrétiser un projet professionnel. Ils doivent se retrouver jeudi pour une dernière séance de négociation.

Selon une enquête réalisée par l'Unédic auprès d'un échantillon représentatif, 78.000 salariés en CDI ont aujourd'hui un projet professionnel "bien avancé", 237.000 un projet "moyennement avancé" et 629.000 un projet "peu avancé".

Tous les salariés ne pourront pas bénéficier du dispositif

Parmi eux, combien seraient réellement prêts à démissionner? Pour estimer ce nombre, l'Unédic a croisé ces chiffres avec les statistiques d'un dispositif de reconversion professionnel existant, le Congé individuel de formation (CIF). Résultat: "entre 38.000 et 71.000 personnes" seraient aujourd'hui "potentiellement concernées" par le futur dispositif, puis "de 21.000 et 38.000" en "année de croisière".

Mais selon les critères d'éligibilité qui seront retenus par les partenaires sociaux, ces personnes ne pourront pas toutes bénéficier du dispositif. L'Unédic a testé trois critères : l'ancienneté dans l'entreprise (entre trois et sept ans minimum), l'ancienneté dans l'emploi (entre trois et sept ans minimum au cours des dix dernières années) et le niveau de diplôme (inférieur ou égal au bac).

In fine, selon les critères retenus, entre 9.000 et 36.000 personnes pourraient bénéficier du dispositif. En se basant sur cette population de bénéficiaires potentiels, l'Unédic estime que la mesure coûterait, "en régime de croisière", entre 140 et 680 millions d'euros.

Y.D. avec AFP