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Attentats: des salariés d'Aldi devront rattraper les heures de travail non effectuées

Une route menant à la zone d'activités de Dammartin-en-Goële, en Seine-et-Marne, pendant le coup de force des frères Kouachi, le 9 janvier 2015.

Une route menant à la zone d'activités de Dammartin-en-Goële, en Seine-et-Marne, pendant le coup de force des frères Kouachi, le 9 janvier 2015. - Francois Nascimbeni - AFP

Evacués de leur lieu de travail, proche de l'imprimerie où l'assaut du GIGN a été donné contre les frères Kouachi, une quinzaine d'employés d'Aldi devront rattraper les heures non effectuées, a tranché la direction de la chaîne de distribution. Une décision qui suscite l'indignation des salariés et représentants syndicaux.

Entre indignation sociale et pure logique comptable, les attentats de Charlie Hebdo font des victimes collatérales insoupçonnées. Dans son édition locale de Seine-et-Marne, Le Parisien révèle mardi que la direction d'un entrepôt d'Aldi n'a pas vu d'un bon œil les abandons de postes provoqués par l'évacuation de la zone industrielle, en amont de l'assaut mené contre les frères Kouachi à Dammartin-en-Goële, en Seine-et-Marne, le vendredi 9 janvier.

Conduits à 16h23 hors des locaux situés à quelques dizaines de mètres de l'imprimerie où les terroristes s'étaient retranchés, soit une demi-heure avant l'assaut lancé par le GIGN, les employés de la chaîne de grande distribution se sont vu retirer de leur compte horaire les heures de travail non effectuées. Ils devront dont les rattraper, a tranché Bertrand Combot, gérant d'Aldi Marché.

Une demi-heure à une heure et demie à rattraper

Selon une représentante syndicale interrogée par le quotidien, "une quinzaine" d'employés d'Aldi sont concernés par cette mesure. Devant effectuer sept heures de travail quotidien, certains n'ont pas été en mesure de terminer leur journée écourtée, d'une demi-heure à une heure et demie, selon leur horaire d'arrivée dans l'entreprise. Quatre salariés, qui n'ont pu accéder à l'entreprise, devront rattraper la totalité des sept heures non effectuées.

Laurence Moissard, déléguée du personnel CFTC citée par le Parisien, se dit "scandalisée". Raisonnant par l'absurde, elle s'interroge sur ce que le personnel aurait dû rétorquer à l'ordre d'évacuation donné par le GIGN: "Attendez, on ne peut pas partir tout de suite, on n'a pas fini nos sept heures!"

La direction persiste et signe

De son côté, la direction d'Aldi argue "qu'aucune réduction de salaire n'est envisagée". Autre geste favorable aux salariés, ceux "qui ont connu une journée plus longue que d'habitude bénéficieront de la totalité des heures de présence ce jour-là", est-il expliqué. Avec cette précision d'une "déduction de pauses et coupures habituelles". La direction explique encore que les salariés ont même gagné au change puisqu'ils pourront rattraper les heures "à leur convenance dans le cadre de leurs horaires variables".

Quant aux salariés qui n'ont pu rejoindre leur lieu de travail, le gérant détaille qu'à sa "connaissance, seules quatre personnes sur la centaine que compte notre établissement ont rencontré des difficultés de circulation". De nombreux barrages routiers avaient été mis en place vendredi 9 janvier, et les entreprises comme les établissements scolaires avaient été évacués. Les habitants de Dammartin avaient été invités à rester confinés chez eux, jusqu'à la fin du coup de force des frères Kouachi. Tous deux avaient été tués alors qu'ils étaient sortis de l'imprimerie en faisant feu sur les forces de l'ordre.

David Namias