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Air France, SNCF: les avantages accordés à leurs salariés sur la sellette

LA SNCF veut remettre à plat le système permettant à ses cheminots d'avoir des billets de trains à tarif bradé.

LA SNCF veut remettre à plat le système permettant à ses cheminots d'avoir des billets de trains à tarif bradé. - -

A la recherche d’économies, des grandes entreprises publiques sont en train de revoir la politique de privilèges accordés à leurs salariés. Chez Air France et à la SNCF, les billets à tarifs préférentiels sont dans le viseur.

Faire partie d’une entreprise de transport présente certains avantages, comme celui d’avoir accès à des billets à tarifs préférentiels. Mais en ces temps de rigueur économique, ces largesses sont jugées trop coûteuses. Ainsi, Air France, engagé dans son plan Transform 2015 qui doit mener à 2 milliards d’euros d’économies, a expliqué, lundi 26 août, aux partenaires sociaux son intention de remettre à plat le système de billets proposés à ses salariés, selon le Parisien du 27 août.

La compagnie aérienne a fait ses comptes. Elle estime ainsi que rien qu’un supprimant les "tarifs R1", des billets qui permettent au personnel et à leurs proches de réserver un vol avec un rabais d’environ 30% sur le prix public, elle pourrait récupérer 30 millions d’euros sur les billets ainsi remis en circulation.

Et ce n’est qu’un exemple de la palette de billets dit "GP" (pour gratuité partielle). Les rabais peuvent aller jusqu’à 85% pour ceux acceptant de voyager sans réservation et de ce fait, d’embarquer uniquement s’il y a de la place à bord.

Un manque à gagner de 140 millions pour la SNCF

Ce n’est pas le seul régime de faveur jugé trop coûteux pour les finances d’une entreprise. Celui qui permet au personnel de la SNCF de voyager gratuitement, ou presque, est lui aussi sur la sellette. La compagnie ferroviaire aurait aussi entamé cet été des discussions pour revenir sur certains de ces bonus, affirme le Parisien.

Une décision motivée par les conclusions d’un audit effectué par la Cour des comptes qui suggère de réduire le nombre de bénéficiaires de ces billets à prix cassés et les limiter à certaines plages horaires et lignes.

En 2010 déjà, la Cour avait déjà invité la SNCF à remettre à plat ce système d’accès à ces titres de transports, qui permet à plus de 840.000 cheminots, retraités et membres de leur famille de voyager à moindre frais. Car ce privilège coûte 140 millions d’euros chaque année à la SNCF.

Electricité avantageuse à EDF

Ce mouvement pourrait donner des idées à d’autres entreprises qui offrent certaines largesses à leurs employés. Ainsi, EDF attribue un tarif de l’électricité particulièrement avantageux à ses agents, et ses retraités, les exonérant du prix de l’abonnement et des taxes.

Au final, ils ne payent que 10 à 15 % du prix appliqué aux clients lambda, sans plafonnement. Un avantage que la Cour des comptes a aussi dénoncé, puisque que ce sont les 33 millions de consommateurs qui en supportent le coût.

Chez GDF également, les agents se contentent d’acquitter 10 à 15% de ce qui est facturé à un usager "normal".

Le privé également

Mais les entreprises publiques ne sont pas les seules à chouchouter leurs salariés. PSA accorde par exemple un rabais de 15 % sur les voitures, il s’élève à 17% chez son concurrent Renault. Les banques, comme la BNP et la Société générale, appliquent des tarifs allégés pour la gestion des comptes de leurs employés, ou encore des taux d’emprunts préférentiels.

Et chez certains distributeurs, comme Carrefour, le passage en caisse est moins douloureux pour ses salariés, grâce à une remise de 10% sur leurs achats.

Coralie Cathelinais