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Yves Veyrier élu secrétaire général de Force ouvrière

Yves Veyrier est le membre le plus ancien du bureau confédéral.

Yves Veyrier est le membre le plus ancien du bureau confédéral. - Jacques Demarthon - AFP

Proche de Jean-Claude Mailly, cet ingénieur de 60 ans incarne la ligne réformiste au sein du syndicat.

Les cadres de Force ouvrière, appelés à élire leur nouveau secrétaire général après la démission de Pascal Pavageau, ont tranché: Yves Veyrier, 60 ans, sera le nouveau patron du syndicat jusqu'au prochain congrès.

Il a obtenu 2720 votes des fédérations et des unions départementales quand Christian Grolier, issu de la fonction publique, 52 ans, en a eu 2577 et Patrice Clos, 53 ans, numéro un de la fédération des transports, 647.

Cette nomination laisse présager un changement de ton de la part du syndicat, dont le discours s'était durci après le départ de Jean-Claude Mailly en avril 2018.

Yves Veyrier, qui est membre du bureau confédéral depuis 2004, était soutenu par les réformistes, qui représentent près de 40% des militants de FO. Christian Grolier était soutenu par les trotskistes, qui pèsent eux aussi pour 40% de l'électorat.

Né le 13 mai 1958, à Hussein Dey en Algérie, qu'il quitte pour la France trois mois plus tard, Yves Veyrier est le plus ancien membre du bureau confédéral (direction composée de hauts dirigeants dont le secrétaire général), où il siège depuis 2004.

Diplôme d'ingénieur des travaux de la météorologie, sciences physiques et statistiques en main, il entre en 1984 au service prévisions de la Météorologie nationale, l'actuelle Météo France.

Dès l'année suivante, Yves Veyrier devient responsable FO de la météo, avant d'être promu secrétaire de la fédération de l'équipement, des transports et des services en 1995.

Élu à la commission exécutive confédérale (direction élargie) de FO en 1996, il intègre huit ans plus tard le bureau confédéral, aux côtés de Jean-Claude Mailly, fraîchement élu secrétaire général de l'organisation.

Au sein de la direction, il s'attèle à la communication interne et externe. Force ouvrière n'ayant pas de service de presse, c'est lui qui décrypte alors pour les journalistes les rouages de ce syndicat complexe, sorte d'auberge espagnole où se côtoient des militants sans étiquette, des socialistes, des trotskistes, des anarchistes et des personnes proches de la droite voire de l'extrême droite. Il s'occupe aussi des dossiers internationaux et européens, ce qui lui vaut de nombreux déplacements, notamment au siège de l'Organisation internationale du travail, en Suisse.

"Réformiste militant"

Loyal, il se retrouve en 2017 dans la situation très inconfortable de devoir faire le tour des unions départementales pour tenter de déminer la grogne interne liée au refus de Jean-Claude Mailly de se mobiliser contre les ordonnances réformant le code du travail. Certains militants loueront "son courage" lors de cet épisode, d'autres ne le lui pardonnent toujours pas, le présentant comme un "clone" de l'ex-secrétaire général de FO.

En 2018, avec l'arrivée de Pascal Pavageau, qui le respecte, cet homme très discret, affable, est maintenu au bureau mais récupère un autre portefeuille : celui des études prospectives, relations institutionnelles et de l'histoire de l'organisation, "un placard" diront ses détracteurs.

Lui-même se présente comme un "réformiste militant", "déterminé à oeuvrer" pour "l'émancipation de la classe ouvrière". Se défendant d'être un "trotskiste" ou "macronisme compatible", il s'étonne que "le reproche le plus grand serait celui d'avoir été secrétaire confédéral au côté de Jean-Claude Mailly".

Se présentant comme un ancien "fervent soutien de Marc Blondel", le charismatique dirigeant de FO entre 1989 et 2004, il se dit "indéfectiblement attaché à la liberté et à l'indépendance syndicale, imprégné de l'idéal des philosophes des Lumières, laïque".

Y.D. avec AFP