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Un réformiste, un radical ou un indépendant à la tête de FO?

FO se cherche un nouveau secrétaire général.

FO se cherche un nouveau secrétaire général. - Muriel Bortoluzzi - AFP

Cinq semaines après la démission de Pascal Pavageau, Force ouvrière élit à partir de ce mercredi son nouveau secrétaire général. Et pour la première fois de son histoire, trois candidats sont en lice.

Un ancien routier pourfendeur des ordonnances travail, un cadre proche de Jean-Claude Mailly, ou un défenseur de la fonction publique décrit comme "radical" : pour la première fois de l’histoire de Force ouvrière, trois candidats briguent la tête du syndicat.

Une situation inédite, alors que la démission de Pascal Pavageau a réveillé les dissensions au sein d’une confédération divisée entre différents courants - réformistes, trotskistes, anarchistes pour ne citer que les principaux.

Entre ces trois prétendants, le Parlement de FO devra faire son choix

> Patrice Clos

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- © Lionel Bonaventure - AFP

Franc du collier, véritable meneur, Patrice Clos est le depuis 2011 le patron de la fédération Transport. A 53 ans, dont 30 passés à Force ouvrière, cet ancien routier a progressivement gravi les échelons du syndicat. Parfois qualifié d’anarchiste, même s'il s’en défend, refusant toute étiquette politique. Salarié d'une entreprise privée de transport (Gefco) où il est représentant syndical, Patrice Clos a mené en 2017 la fronde pour protéger la rémunération des routiers. Un an plus tôt, il avait contribué à ce que la loi travail ne modifie pas le régime dérogatoire sur les heures supplémentaires des routiers, après un long bras de fer avec le gouvernement Valls.

Hostile à la position de Jean-Claude Mailly vis-à-vis des ordonnances, il a, l’an dernier, manifesté aux côtés de la CGT. Il reproche également à l’ancien secrétaire général d’avoir contesté trop mollement la loi El-Khomri de 2016.

> Christian Grolier

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- © Jacques Demarthon - AFP

Moniteur d'auto-école entre 20 et 25 ans, spécialisé pour la moto, il devient ensuite, pendant dix ans, inspecteur (statut fonction publique), puis délégué principal. Il adhère à FO en 1992, où il enchaîne les promotions, jusqu’en 2012. Il est alors élu secrétaire général de la Fédération générale des fonctionnaires et entre au Comité confédéral national (le Parlement) de la confédération. Orateur hors pair, il peut s'exprimer longuement en tribune sans regarder ses notes.

Certains le rangent du côté des trotskistes, lui s'agace qu'on veuille le mettre "dans une case". Son côté radical ne facilite pas les relations avec les autres organisations, mais plaît en interne. Il cite volontiers son modèle Marc Blondel, qui s’était notamment distingué dans la lutte contre les différentes réformes des retraites. Une référence opportune alors que le gouvernement peaufine celle qu'il entend finaliser en 2019.

> Yves Veyrier

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- © Jacques Demarthon - AFP

Cet ancien ingénieur exerçant à Météo France, où il adhère à FO, puis gravit les échelons jusqu'à rentrer au Bureau confédéral en 2004, au côté de Jean-Claude Mailly, fraîchement élu secrétaire général. Il s'attelle alors à la communication, ainsi qu'aux dossiers internationaux. En 2018, avec Pascal Pavageau, cet homme à la fois discret et affable et qui connaît la confédération comme sa poche, est maintenu au bureau.

Certains militants le qualifient de "clone" de Mailly, lui-même se dit "réformiste militant". Il pourrait assurer la transition jusqu’au prochain congrès, qui devra libérer une bonne fois pour toutes FO de ses tensions internes.

Yann Duvert avec AFP