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Une assistante parlementaire compile depuis 3 ans tous les comportements sexistes rencontrés au Parlement européen

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Les révélations continuent concernant le harcèlement sexuel. Cette fois-ci, c'est au Parlement européen qu'une assistante parlementaire a tenu à dénoncer les comportements sexistes.

Affaire Weinstein, révélations en politique, ou encore dans le milieu journalistique, les témoignages affluent et délient les langues depuis quelques jours sur les réseaux sociaux et dans la presse. Ces révélations concernent majoritairement des comportements sexistes ou des agressions sexuelles envers des femmes. Un comportement déjà relevé depuis plusieurs années par Jeanne Ponté, assistante parlementaire au Parlement européen.

Comme elle l'explique dans une interview sur France Bleu, elle compile dans un carnet les comportements sexistes auxquels elle et ses collègues sont confrontées régulièrement au Parlement européen.

Un carnet tenu depuis juillet 2014

La jeune femme de 27 ans, originaire de Nancy, est soutenue dans sa démarche par Édouard Martin, dont elle est l'assistante parlementaire. Lui, ex-syndicaliste, désormais député européen membre de la commission des droits de la femme au Parlement européen. 

Dans un interview réalisée par Cécile Soulé pour France Bleu, la parlementaire raconte alors: "On peut parler de harcèlement sexuel ou en tout cas de comportements ou de remarques extrêmement sexistes sur mon lieu de travail, et depuis juillet 2014 c'est ce qui m'a décidé à tenir un petit carnet du sexisme au Parlement européen en annotant un certains nombres de situations que j'aurais pu vivre ou alors de témoignages recueillis par un certain nombre d'assistantes parlementaires"

Ne pas vouloir faire d'esclandre sur son lieu de travail

Elle raconte alors un épisode, notamment: "Des photos de moi prises à mon insu, alors que je suis en réunion, par un conseiller politique", ou encore des gestes déplacés de la part d'un député, expliquant vouloir se mettre en colère, mais ne pas vouloir "faire d'esclandre car on est sur son lieu de travail".

L'assistant parlementaire dénonce "beaucoup de comportements" de la sorte, notamment lorsque l'on est collaboratrice parlementaire. Sur le réseau social Twitter, les témoignages dénonçant le sexisme et le harcèlement affluaient à la suite de l'affaire Weinstein, ce producteur américain accusé d'agressions sexuelles et de harcèlement sexuel par une vingtaine d'actrices.

Plus récemment, le hashtag #balancetonporc lancé par la journaliste Sandra Muller, avait également permis de déclencher des témoignages, ayant eu lieu sur les lieux de travail des victimes. En espérant que le témoignage de Jeanne Condé contribue à l'arrêt de la tenue de son petit carnet. 
S.Z avec AFP